Accueil > Sétif profond > Sétif Ville >

Le programme LSP de 25 000 logements à Sétif perturbé

Des chantiers fortement secoués par la hausse des prix des matériaux de construction
dimanche 10 septembre 2006, écrit par : Abdelhalim Benyelles, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

Le taux d’avancement des chantiers de construction de logements sociaux participatifs a atteint une phase plutôt satisfaisante, tant sur le plan de la qualité des ouvrages que sur celui du respect des délais de réalisation. Même si certains d’entre eux sont déjà en phase de livraison, si l’on excepte quelques problèmes de raccordement en électricité, en gaz naturel ou en viabilisation. M. Nezzar, l’un des entrepreneurs ayant de l’avance -la tranche de 110 logements est en voie de réception-, estime que le souci majeur de l’opération demeure la révision et la réactualisation du marché au vu de la hausse vertigineuse des prix du rond à béton et du bois notamment. Selon certaines sources, le quintal d’acier a enregistré une hausse de 400 DA (l’équivalent de 20%) alors que le bois blanc, qui était cédé à 6,5 millions de centimes le fardeau, est vendu à 10 millions, des perturbations notées au cours de la semaine dernière.

Pour la commune de Sétif, parmi le programme de 17 000 logements lancé à travers toute la wilaya, les 4 000 en cours de réalisation souffrent d’un problème lié à la perturbation du marché des matériaux de construction, ce qui engendrerait du retard. Pour certains promoteurs, les problèmes de performance ne se posent guère puisque les F4 et les F3, déjà peints, sont équipés de marbre dans la cuisine, de baignoire et de panneaux de bois de qualité. En ce qui concerne les projets encore au stade du gros œuvre, ils subiront les dernières hausses des prix des matériaux et risquent fort de voir leur achèvement différé. Au vu des prix des logements arrêtés, 200 millions de centimes pour un F4 sur une superficie de 76 m² et 185 millions pour un F3 sur 65 m², les entrepreneurs dans leur ensemble s’accordent à nier la rentabilité de l’opération. Aussi faut-il souligner qu’en raison du contentieux au niveau des services des domaines, les entrepreneurs affirment que ni la tranche allouée par la CNL ni celle de la contribution de la CNEP ne sont en mesure d’être engagées, mis à part la contribution du citoyen évaluée à 30% du coût de l’appartement, l’équivalent de 50 et de 60 millions de centimes, une situation jugée guère encourageante notamment pour les chantiers entrepris en terrains accidentés.
Certains spécialistes imputent les perturbations enregistrées sur le marché des matériaux de construction à l’action entreprise par les importateurs qui auraient procédé à la suspension des opérations d’importation avant la fin de l’année, ce qui coïnciderait avec la « période de dépôt de bilans fiscaux » dans un souci de « maintien du chiffre d’affaires antérieur ». C’est en quelque sorte l’option délibérée d’une évasion fiscale qui est dénoncée à l’occasion.

Par ailleurs, selon le P-DG de la cimenterie de Aïn Kébira à Sétif, la production mensuelle de ciment a atteint, durant le mois d’août, 117 000 tonnes sur une prévision de 90 000, une opération jugée fort satisfaisante. « De quoi gagner 200 à 300 logements », souligne-t-il. Même au vu des programmes de construction prioritaires, dont le LSP, le premier responsable de la SCAEK nous annonce, à l’occasion, que la mise à l’arrêt traditionnelle en été de l’usine pour briquetage a été reportée pour la fin de l’année. Une opération écourtée considérablement, dit-il, grâce à la mise en place, au mois de mars dernier, d’une technologie nouvelle de filtration des déchets qui agit directement sur le rendement de l’usine. Un mois de production de gagné par an, selon ses termes.
Reste qu’à l’aube du lancement de la deuxième tranche du programme LSP à Sétif, certains entrepreneurs s’accordent à dénoncer la non-rentabilité de l’opération, insistant sur le rôle de la direction des domaines qui doit activer les formalités d’octroi des actes de propriété des terrains et opérer des révisions sur les prix du foncier évalués entre 3 500 et 5 000 DA, jugés excessifs.
Par ailleurs, certains terrains sont situés sur des parcelles rocheuses et accidentées, selon leurs témoignages. En fait, actuellement les entrepreneurs hésitent à postuler pour un nouveau marché inscrit dans le programme global de la wilaya, en l’absence de déclarations officielles du représentant
de l’habitat et de la construction de la Chambre de commerce de Sétif demeuré injoignable.

Par Abdelhalim Benyelles


Partager cet article :

Derniers articles

Notre site utilise des cookies à diverses fins, notamment pour personnaliser les publicités.
En continuant à utiliser ce service, vous acceptez notre utilisation des cookies.   En savoir plus