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Souk hebdomadaire des véhicules à Sétif

Un lieu de négoce par excellence
lundi 2 octobre 2006, écrit par : Liberté, mis en ligne par : Boutebna N.

Parti pour un marché de véhicules, le comptoir est devenu un bazar à ciel ouvert, où des dizaines de milliards de centimes s’échangent chaque jour. Une excroissance à laquelle participe un ensemble d’acteurs, à l’exception d’un grand absent : l’État.

Le souk hebdomadaire des véhicules de Sétif, qui a gagné une réputation nationale, mérite vraiment que l’on s’y rende, ne serait-ce que par simple curiosité. Destiné de prime abord au marché d’occasion des seuls véhicules, ce lieu est devenu avec le temps un véritable bazar. Il y a de tout. Vêtements, chaussures, pièces détachées, neuves ou usagées, accessoires de voiture, appareils électro-ménagers, téléphones portables, gadgets, jouets, etc. Jusqu’aux engins de travaux publics, camion de gros-tonnage, aux autobus qui s’alignent par dizaines...
Une liste exhaustive prendrait toute une page. Le souk est divisé en quartiers et en boulevards par “spécialisation”. Ainsi, si vous recherchez un meuble neuf ou de brocante vous n’avez qu’à demander votre chemin et l’on vous orientera, comme si vous étiez dans une ville. Un “boulevard” du souk compte pas moins d’une cinquantaine de gargotes ambulantes abritées sous des tentes de fortune. On vous servira des petits plats populaires, depuis la bouillie de pois chiches, au casse-croûte, jusqu’aux tranches de foie grillé sur la braise, des brochettes, des boissons gazeuses, du café et du thé à la mente. Le souk du vendredi est exclusivement réservé aux hommes. C’est un consensus strictement observé. Dans une foule de plus de 20 000 personnes, hormis l’aile réservée aux voitures, vous ne risquez pas de rencontrer une seule femme. Pas même une mendiante. Un territoire de mâles et de machos.
Ce bazar à ciel ouvert, malgré sa dimension, est complètement livré à lui-même. À l’intérieur, une terre agricole squattée et louée à des taux prohibitifs par l’APC, l’hiver la boue est omniprésente. Tout ce beau monde retrousse le pantalon.
Tous pataugent dans la gadoue et se retiennent de tomber. Le spectacle est impressionnant. Une foule “interactive”, connectée sur une intense activité commerciale. Des bonimenteurs, des camelots dont certains vendent des futilités, des diseurs de bonne aventure, des pick-pockets dont les doigts agiles vous tâtent subrepticement les poches, etc.
En somme, tout un peuple dégourdi et gouailleur. Des pouvoirs publics dignes de ce nom ne peuvent pas ne pas tenir compte de ce méga- attroupement. Le souk affiche complet dès la veille. L’accès est de 400 DA par véhicule et le prix double ou triple selon le tonnage de ce dernier.
L’on l’imagine les sommes faramineuses engrangées. Ce lieu, après tout, devient convivial et des milliers d’Algériens des quatre coins du pays se retrouvent et échangent des idées et des richesses. Cela devrait supposer la prise en charge par l’État de tout ce qui est commodités, sécurité... Mais ce dernier brille par son absence.

Farid Benabid
Liberté


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