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Commerces anarchiques à El Eulma

Souk N’sa, l’autre plaie
mercredi 26 septembre 2007, écrit par : K. Beniaiche, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Erigé pour résorber le chômage qui faisait rage parmi la masse juvénile de la deuxième ville de la wilaya, et ce au début des années 1990, ce lieu de négoce, très connu par la dénomination de Souk N’sa est implanté au cœur de la ville balafrée par les « magasins », des tentes octroyées, à l’époque, à des prix symboliques pour l’exercice de différentes activités commerciales.

L’installation de ce camp de fortune à proximité d’une cité et d’un autre marché de fruits et légumes avait suscité, en ces temps, la colère des riverains, qui ont exprimé une fin de non-recevoir aux responsables, qui ont, par leur silence, laissé faire. Ce petit souk a, depuis, pris de l’ampleur et une certaine dimension pour devenir une véritable plaie au cœur de la ville n’ayant, au vu de son standing, pas besoin de cet espace qui défigure une bonne partie de son environnement. Les pétitions des citoyens et des commerçants, déloyalement concurrencés par les adeptes de l’informel, sont restées lettre morte, d’autant que les changements et l’extension du souk se font dans la démesure et l’anarchie totale. Une véritable foire s’est installée sur des lieux, qui sont difficilement contrôlables. Une vue repoussante accueille les visiteurs affluant des quatre coins du pays, les ordures sont jetées pêle-mêle, et les odeurs nauséabondes empestent l’atmosphère à des dizaines de mètres à la ronde. Faute de vespasiennes, les hommes n’hésitent pas à se soulager sur les murs de la clôture délabrée. L’endroit, qui était fréquenté par la gente féminine, a depuis belle lurette perdu cette vocation, qui offrait une multitude de marchandises et d’objets à des prix défiant toute concurrence de magasins, lesquels ne voient pas d’un bon oeil le souk, menacé par de nombreux contribuables. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les oisifs, voleurs et autres pickpockets, qui foisonnent dans les parages, activent en maîtres des lieux. Les dérapages, les mauvais comportements et actes indécents, font très mal à ce lieu déjà mal en point. Ce labyrinthe, qui a failli disparaître en 1995,et ce suite à un incendie généré par un court-circuit, mérite une attention particulière des autorités de la ville, qui doivent se pencher sur le danger que représente ce marché pour ses fidèles clients, exposés aux agressions des drogués et autres ivrognes. Notons à toutes fins utiles que le souk en question ayant, à l’instar du Sok Abbacha Amar du chef-lieu, fait l’objet de nombreux écrits de presse. La question de sa délocalisation, qui a été soulevée à maintes reprises et restée sans suite, demeure tout de même d’actualité. Les prochaines élections communales aborderont ce volet qui ne manque pas d’enjeux.


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