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Service public en panne
dimanche 23 décembre 2007, par
Le citoyen sétifien a eu, une fois de plus, à souffrir des carences de nombreux services dits publics à la veille de l’Aïd. Pour exemple, les banques et la poste, très sollicitées en cette période d’achats et de dépenses, voyaient foule à longueur de journée, et cela à cause du manque de liquidités.
Eh oui, les banques et la poste étaient « démunies », et ne pouvaient satisfaire les clients qui attendaient leur pécule pour acheter le mouton. Certains seront sauvés par les dépôts d’autres clients, et d’autres rentreront déconfits et les poches vides. Selon des sources « postières et bancaires », qui veulent garder l’anonymat, la faute en incomberait à la banque d’Algérie, qui n’a pas suffisamment approvisionné les différents établissements, et certaines opérations de virement ont même dû être annulées. Dépités, des pères de famille faisant la queue, et espérant que les coffres se remplissent soudain, s’interrogeront : « Comment les gens vont-ils acheter leur mouton si leur salaire n’est pas versé à temps ? C’est la seule ressource pour beaucoup de travailleurs. Avoir un compte à la poste ou à la banque devient un vrai cauchemar pour tout le monde. Quelle est l’utilité d’une banque désargentée ? ». Le matin de l’Aïd, personne ne travaille, rien ne fonctionne, bien sûr. L’Algérienne des eaux a posé un lapin à sa clientèle en cette journée où l’eau est plus que jamais indispensable. Après le sacrifice, les gens ont besoin d’eau pour nettoyer l’espace où ils ont égorgé, laver les abats du mouton et se laver après cet acte, mais cela, les employés de l’ADE, « qui viennent de la planète Mars », semblent l’ignorer. Au moment du sacrifice, les robinets étaient secs, pas une goutte n’en a coulé et les Sétifiens ont dû se débrouiller avec le bon vieux système D. L’entreprise précitée semble avoir opté pour une politique de restriction, alors que les déclarations des responsables laissent entendre qu’il y aurait des réserves hydriques assez importantes pour la décennie prochaine. « Non seulement l’eau ne nous échoit qu’à des heures indues, et un jour sur deux, mais en plus, on nous en prive le jour de l’Aïd. C’est une honte et c’est irresponsable. Le barrage de Aïn Zada est, semble-t-il, plein à ras bord. Où passent les quelque 125 millions de m3 qu’on nous annonce à chaque occasion ? », pestent les gens, mettant, par ailleurs, en exergue le travail titanesque réalisé par les agents de l’APC, chargés du nettoyage et du ramassage des ordures ménagères, qui se sont, contrairement aux années précédentes, illustrés par une efficace et utile présence.
N. Lalmi, El Watan