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Trois enseignants de Sétif maltraités en Egypte

mardi 22 janvier 2008, écrit par : D. Z. El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Trois enseignants de l’université Ferhat Abbès de Sétif interpellent les plus hautes autorités du pays suite aux « exactions graves » qu’ils affirment avoir subies de la part des services spéciaux de la police égyptienne. En effet, Omar Chérigui, chargé de cours, Harkati Nabil, enseignant et adjoint au chef de département des sciences commerciales, et Saâd Mérabet, chargé de cours et membre du conseil national du Cnes (syndicat des enseignants du supérieur), n’oublieront pas de sitôt leur séjour professionnel cairote « qui a viré au cauchemar et écourté précipitamment par les services de sécurité de ce pays frère ». Dans un courrier adressé aux ministres des Affaires étrangères et celui de l’Enseignement supérieur, au président de l’université de Sétif et au président de l’Observatoire des droits de l’homme, les trois universitaires commencent par signaler le caractère « officiel » de leur déplacement. « Dûment mandatés par l’université Ferhat Abbès de Sétif, munis d’ordres de mission, de carnets de stage, nos passeports étaient en cours de validité sur lesquels l’ambassade d’Egypte a apposé des visas.

Nous devons souligner aussi que les établissements hôtes, à savoir l’Institut égyptien de planification, l’Institut d’études arabes, l’Institut des statistiques ainsi que les universités du Caire, de Aïn Chems, de Halouane et celle d’Alexandrie n’ont ménagé aucun effort concernant notre prise en charge », peuton lire dans le rapport. « Nos confrères égyptiens nous ont accueillis fraternellement sauf que tout a basculé le soir du 14 janvier 2008 à 23h30, lorsque une patrouille d’agents armés de fusils mitrailleurs a fait irruption dans nos chambres d’hôtel », poursuivent les enseignants. « Refusant de décliner leur identité, ils nous ont embarqués manu malitari dans un véhicule sur lequel est écrit “Sûreté centrale-services spéciaux” ». « Nos cartes professionnelles ce sont nos fusils et l’armement lourd que vous voyez », ont hurlé les policiers à notre égard. Après une fouille de fond en comble de la chambre sous l’oeil médusé des universitaires algériens, ordre est donné d’emmener le groupe d’abord au siège central pour un interrogatoire de 20 minutes. « Ils nous ont bandé les yeux et nous ont emmenés ensuite vers un lieu secret. Nous avons roulé environ 45 minutes pour débarquer vers l’inconnu », ajoutent les enseignants. « On nous a ligotés avec du fil de fer et c’est là que le cauchemar commence : nos noms ce sont des numéros : 28, 29 et 30. Séquestrés pendant 41 heures, nous devinerons que le lieu était un centre de torture. Nous entendions constamment des cris, des hurlements et d’autres choses du genre. Interrogés nuit et jour, nous étions sommés de donner des explications sur nos supposés liens avec des terroristes, en Egypte, à Londres... », poursuivent-ils, exténués et psychologiquement atteints.

Selon nos interlocuteurs, les services spéciaux égyptiens n’ont pas hésité également à leur soutirer « de force » le mot de passe de leurs e-mail. « Sans nous autoriser de contacter notre ambassadeur au Caire et sans la moindre explication, les agents spéciaux de la police égyptienne nous ont permis finalement de quitter le sinistre centre, non sans nous avoir accompagnés jusqu’au seuil de l’avion d’Air Algérie », conclut le groupe d’universitaires.


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