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Incursion terroriste à Sétif : Plusieurs villageois délestés

La wilaya de Sétif renoue avec le terrorisme
mardi 26 février 2008, écrit par : I. Ghioua, L’Expression, mis en ligne par : Boutebna N.

Epargnée depuis 2004, la wilaya de Sétif renoue avec le terrorisme. Un groupe armé, composé d’au moins dix éléments, a, au courant de la soirée de samedi, opéré une incursion au village Djahra, relevant de la commune d’Aïn Sebt, située au sud de la wilaya de Sétif. Les terroristes, selon des sources bien informées, ont réussi à délester les villageois de leurs biens.

Durant cette opération de racket, les terroristes ne manqueront pas d’emporter des denrées alimentaires, non sans avoir menacé la population. En cette soirée, les terroristes activant au profit d’Al Qaîda au Maghreb islamique n’étaient pas à leur premier forfait, puisqu’à 20h, un autre groupe, également armé de AK47, a procédé à une seconde opération au lieudit Oued El Bared, relevant de la commune d’Amoucha, toujours dans la même wilaya. Même tactique, même rituel, mêmes résultat et recommandations.

Les terroristes ont délesté les villageois d’une importante somme d’argent tout en mettant en garde la population de ne pas s’approcher des monts des Babors faisant jonction avec la wilaya de Jijel. Les individus signalés aux forces de sécurité portaient des tenues civiles et certains ne portaient pas de barbe.
Epargnée depuis 2004, la wilaya de Sétif renoue avec le terrorisme. C’est surtout après la neutralisation de pratiquement toutes les katibas qui y activent, que Sétif est restée loin des incursions et attentats. La joie n’a duré que le temps de l’émotion.
Les forces de sécurité avaient, en 2003 et 2004, réussi à nettoyer les monts des Babors à la suite d’une vaste offensive.
Une cinquantaine de terroristes avaient été abattus, alors que 28 autres ont été arrêtés et jugés et condamnés, au niveau du tribunal criminel de Constantine, à de lourdes peines de prison et des peines capitales. Selon nos sources, et d’après une lecture d’appréciation, beaucoup semblent étrangers à la région. Ils auraient pris la fuite via Bouira à partir de Boumerdès et Tizi Ouzou pour se terrer dans les monts des Babors.

Il va sans dire qu’une grande opération militaire a été déclenchée et que, selon nos sources, les terroristes n’ont pas manqué de s’informer auprès de la population des mouvements sécuritaires opérés par les forces de sécurité.
L’on croit savoir également que les groupes terroristes, ayant rejoint les maquis des Babors, travaillent de concert avec ceux terrés au niveau des maquis de Jijel.

D’ailleurs, c’est au niveau de cette wilaya que les services de sécurité ont enregistré une recrudescence terroriste.
Le chef de l’état-major général, le général Gaïd Salah, avait, lors de sa visite à l’Est, effectué une inspection au niveau de cette wilaya, laissant des consignes au commandement de la 5e Région militaire.
Les régions du Centre et de l’Est ne sont pas les seules à avoir connu des activités terroristes. En effet, les régions d’Adrar, Oued Souf, Ouargla et Ghardaïa vivent au rythme de grandes offensives militaires avec l’intervention des forces héliportées et le maintien d’un important dispositif sécuritaire.
Le bilan effectué par les services de sécurité depuis décembre 2007 jusqu’à ce jour fait état de la neutralisation définitive de 20 terroristes. 12 ont été abattus à Oued Souf, un dans la wilaya d’Illizi, 4 à Ouargla et deux à Adrar, alors que la wilaya de Ghardaïa connaît une grande offensive militaire sur la trace d’une sériat activant sous la coupe de katiba el moulathamoun.

Les terroristes avaient été signalés aux services de sécurité au courant de la semaine dernière. Les mêmes sources n’écartent pas la présence de plusieurs étrangers parmi katiba el moulathamoun, dirigée, avant, par Mokhtar Benmokhtar, lequel a pris sa retraite pour se terrer au nord du Mali. Les groupes terroristes d’Al Qaîda au Maghreb islamique, activant au Sud, sont de mèche avec les contrebandiers qui s’adonnent à tous genres de trafics : véhicules, cigarettes, armes et drogue.
Prenant avec sérieux et considération les nouvelles donnes du contexte sécuritaire, les services de sécurité agissent en conséquence.
La lutte antiterroriste, ne pouvant plus se limiter aux barrages au niveau des agglomérations et aux contrôles dans les grandes villes, les services de sécurité ont actualisé leurs interventions en fonction de la nouvelle menace, en mobilisant des agents mobiles pour une lutte antiguérilla urbaine, comme cela est appliqué dans la capitale, les wilayas limitrophes, mais aussi dans toutes les grandes villes du pays.
Les opérations « coup de poing » effectuées de nuit sont devenues régulières, alors qu’au niveau des maquis, l’on assiste à Jijel, Sétif, Boumerdès, Tizi Ouzou, Bouira, Médéa, Batna, Khenchela et Tébessa, en plus du Grand Sud, à de vastes offensives aéroterrestres, tout en multipliant les opérations de ratissage.

L’heure est conséquente pour les maquisards qui tentent, tant bien que mal, de fuir l’action militaire des forces de sécurité. Mais comme le risque zéro n’existe pas, selon les propres termes du ministre de l’Intérieur, les services de sécurité opèrent dans le but d’éviter à l’Algérie de retomber dans la spirale infernale.


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