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Jardin public pour retrouver la sérénité ou lieu de provocation et d’humiliation ?

LETTRE OUVERTE À MR LE MAIRE DE SETIF
mercredi 22 juillet 2009, écrit par : Amar DJERRAD, Sétif Info, mis en ligne par : Boutebna N.

En tant que citoyen habitant la ville de Sétif depuis toujours, je dois vous informer sur ce qui suit :

J’ai pour habitude de fréquenter le jardin « Emir Abdelkader » pour prendre un peu de repos et de profiter de la verdure et du calme relatif comme toutes les personnes qui choisissent ce lieu. Je m’y rends souvent seul mais parfois avec ma femme. Le 20 juillet dernier vers 17h 30, après un tour en solitaire, et voyant les bancs occupés ce jour là, je décide de m’asseoir sur le bord d’un ‘mur-bordure’ derrière le bassin ; regardant sereinement les belles fleurs et la verdure à l’ombre d’un arbre généreux espérant me reposer en me déconnectant des tracas de la journée.

A ma surprise, voilà le gardien qui me demande, tout en « m’élisant » ‘hadj’ de « me relever et de prendre place sur un banc de l’autre coté », « car ici c’est interdit ». Etonné et stupéfait qu’une telle vexation puisse m’arriver avec mes 57 ans et de crainte de provoquer une rixe inutile, je me suis plaint et informé auprès d’un autre gardien, plus âgé, à la porte d’entrée, sur cette attitude cavalière et inattendue. Selon ce dernier, « c’est pour ne pas donner exemple et l’occasion aux couples qui risquent, ainsi seuls, de faire des choses condamnables ». Réponse : « d’abord je ne suis pas un couple, ensuite je suis plus âgé que lui. Ensuite , est-ce que l’interdit aux couples émane de l’APC ? Réponse mitigée avec un oui non assumé. « Faut–il alors se présenter avec le livret de famille et la carte d’identité ? ». Pas de réponse mais avec une question à mon endroit pour me gêner : « Vous ! Acceptez vous de voir un couple lorsque vous êtes en famille ». Réponse : « oui ! Si je ne les trouve pas en ébats amoureux ou en position douteuse. Mais ceci n’a jamais été le cas dans cet endroit » Affirmation qu’il reconnaît d’ailleurs lui-même. « Alors pourquoi soupçonner tous les gens qui viennent ici d’avoir l’intention ou l’esprit prompt à faire des « choses condamnables » quitte à les vexer et j’en un exemple. » Sans réponse mais avec un « yak khoya interdit » pour mettre fin à la polémique. « Et les voitures de tourismes qui traversent l’allée principale, ou jouent les enfants, en lâchant les gaz au nez de tous ! » ; « ou les tracteurs, bennes et citernes ainsi que le dépotoir ‘qui stationnent’ en lieu et place de verdure ; est-ce interdit ? Pas de réponse. En concluant par une ‘menace’ de me plaindre à Mr le Maire, leur employeur, il ne transparaît en lui aucune inquiétude surtout avec sa réponse osée et sèche « Achki ».

Renseignements pris, il s’avère qu’aucune instruction débile de ce genre n’a été même suggérée.
Au-delà de cet échange critique voulu, se pose le délicat problème de compétence, d’éducation, du mélange des genres, du laisser-aller auxquels est confronté notre société qui ne pourra se relever de si tôt si de tels travers persistent. Dans notre cas, voir des fonctionnaires gardiens de leurs états s’ériger en moralisateurs en imposants à quiconque ‘leurs’ règles de conduite sous le prétexte « de prévenir et de se prémunir d’éventuels intentions des citoyens qui pourraient être jugées malsaines », a de quoi dérouter les psychiatres dans leurs diagnostics des maladies liées à la personnalité. A travers ce cas, qui peut paraître banal, c’est en fait toute la société qui subit les violences sociales de tous genres au point où le discernement est perturbé ; empêchant de distinguer le bien et le mal, qui est le méritant, qui est l’honnête, etc.…

Au moment où Sétif se distingue par son dynamisme en s’échinant à se mettre au diapason des villes modernes - propre, accueillante et paisible avec son statut de ville Universitaire, son changement de mentalité, ses jeunes quand même mieux éduqués, pleins d’entrain et de bonne volonté et qui n’aspirent qu’au bien-être avec un peu de considération et plus d’encouragement au lieu de cette tendance au rejet et au mépris- il se trouve encore des ignares ou des paumés imbus d’une infime responsabilité qui s’arrogent le droit et l’occasion d’importuner ou d’humilier des citoyens corrects et sereins, de toucher à leur amour-propre en imposant leur travers qui trahissent plus leur éternel et inguérissable frustration libidineuse, source de tous les ennuis.

Les citoyens, et en particulier les jeunes et les moins jeunes, en venant au jardin, cherchent un peu de repos et un peu d’évasion au milieu de ce jardin qui date de l’époque coloniale. Je n’ai jamais vu à ce jour, dans cet endroit là, une quelconque déviation comportementale condamnable. Pourquoi alors soupçonner tout le monde d’avoir un esprit prompt à la débauche ou à la dépravation ?
Ne serait-ce pas plutôt pour éloigner les promeneurs de cette construction irrégulière à l’intérieur du jardin (près des toilettes), d’où l’on entend des voix d’enfants et de femme, dont le passage est empêché à l’aide d’un camion ? Pour cacher donc un squat ?

Franchement, recevoir des remarques désobligeantes de ce genre et mal à propos surtout dans ces lieux où l’on ne cherche que la paix et l’inspiration et vraiment pénible voire révoltant. Je comprends mieux les réactions de certains jeunes, face à l’adversité.
Connaissant votre engagement dans la promotion et le développement de la ville de Sétif dans tous ses aspects, vous ne manqueriez certainement pas de mettre un terme à ces attitudes provocantes et grossières de ces énergumènes qui salissent aussi l’administration car ils se justifient en lui imputant toutes leurs déséquilibres et excès à ses ‘instructions’.

Veuillez accepter, Monsieur le Maire, l’expression de ma haute considération.

Amar DJERRAD (Sétif)


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