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Algérie : Affaire Cheb Mami, quand le prince du raï déraille

vendredi 8 juin 2007, écrit par : HAFHOUF Nabil pour Sétif.Info, mis en ligne par : Boutebna N.

Le fait divers Mami ne cesse de se propager. Pas plus tard que ce début de semaine, le chouchou du raï sort de son silence, il se dit victime d’un chantage, d’un piège minutieusement préparé, et d’un acharnement médiatique hystérique.

Devant comparaitre devant le juge d’instruction de Bobigny le 14 mai, suite à son absence, le prince du raï a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Par conséquent, il avoue vivre, en ce moment, une terrible rechute orchestrée. Ainsi, il révèle des secrets plus ou moins étranges sur la nature de la relation ambigu entretenue avec son manager, et avec son ex-compagne ; il se dit lassé de la justice, et des médias de son second pays à savoir la France.

Rappel des faits : Seul contre tous

L’enfant de Saîda déclare avoir été une proie facile dans les mains d’un mauvais conseiller, et ce au moment où il était en pleine dépression : Mon erreur, peut-être la plus grosse erreur de ma vie, c’est d’avoir suivi le mauvais conseil de mon manager juif, Michel Lévy, affirme-il dans un entretien accordé au journal le Quotidien d’Oran du 04/06/07.Il faut le rappeler, ce fameux manager a animé, dans l’après midi du jour de la décision du tribunal, un point de presse pour annoncer la nouvelle aux journalistes.

Cependant, le prince du raï s’étonne de la réaction précipitée de la justice française : C’est incroyable, estime-il, la vitesse avec laquelle la justice française a émis ce mandat d’arrêt international contre moi. et finit par ajouter : franchement, sans détour ni contrainte : je n’ai plus confiance en la justice française. Ceci est sans doute dû au fait que les juges français n’ont pas pris en compte ses arguments lors de la condamnation d’octobre dernier. En revanche, il se déclare favorable à un éventuel jugement par la justice algérienne si cette dernière l’estime nécessaire, à l’abri de l’acharnement médiatique. Mami nie, par la même occasion toute relation d’ordre personnel avec Bouteflika (lui permettant, entre autre, de quitter provisoirement la France). Sur ce point précis il estime avoir fuit les défaillances du système judiciaire français : Je n’ai pas fui la justice, disait-il avant qu’il rajoute : j’ai fui l’injustice. J’ai fui la justice à deux vitesses, celle qui décerne facilement et hâtivement un mandat de dépôt contre un présumé accusé arabe et le condamne à la prison ferme, comme ça été le cas de Sami Naceri, mais qui, en parallèle, laisse en liberté provisoire l’accusé s’il est Français et ne condamne qu’à la prison avec sursis quelqu’un qui a violé une fille de 14 ans.

A l’égard de la campagne médiatique, le Mome a fait savoir son ultime hostilité, lui reprochant une tentative médiocre de salir son image, de criminaliser des faits contestés et non pas établis, et de s’en prendre à sa carrière artistique en politisant l’affaire. Il insiste sur le fait que cette dernière relève du droit commun, et non pas d’une affaire d’état. Ceci n’est non pas justifié, selon le chanteur, par le fait qu’il soit une star, mais parce qu’il est une star arabe. Et c’est là que réside toute la différence.

Son ex-compagne, Isabelle Simon, française d’origine juive, photographe de presse spécialisée dans le raï, serait partie à Alger durant l’été 2005. En présence de deux médecins elle aurait alors procédé à un curetage. Cependant, revenue en France, la jeune femme aurait constaté la viabilité du foetus et décidé de garder l’enfant, une fille, qui serait aujourd’hui âgée de neuf mois. Dès lors, en contrepartie de son silence quant à l’histoire d’avortement, elle n’a pas cessé de réclamer de l’agent. De même qu’il n’a pas nié ni une brève relation intime avec la photographe, ni même le fait qu’il soit le père de la fille, Mami affirme avoir été victime, pris dans un piège parfaitement élaboré : j’ai alors enfin compris, disait-il, la finalité de son plan diabolique qu’elle a minutieusement exécuté de bout en bout : l’argent, et seulement l’argent.

Face à une telle situation le Mome se défend, avec les moyens du bord, en reprochant, notamment à son ex-compagne l’attente d’une période d’un an après les faits, avant de procéder à la déposition d’une plainte. De plus, preuve de ses déclarations contradictoires, Mami affirme que depuis le dépôt de plainte et jusqu’à l’enquête judiciaire, la femme a toujours déclaré qu’il n’était pas présent lors de la tentative d’avortement.

Toutefois, une fois l’orage passé, le prince du raï n’exclut pas un retour sur scène. Pour l’instant, il se contente de couler des moments-paisibles" en Algérie, auprès de ses amis, de sa famille et de sa mère très affaiblie par la vieillesse.

Par HAFHOUF Nabil pour Sétif.Info


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