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La société d’impression El Assala de Sétif privatisée au profit des travailleurs

Un modèle de restructuration, unique témoin du désengagement de l’Etat
lundi 17 avril 2006, écrit par : Abdelhalim Benyelles, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

Si le cas de l’hôtel El Hidhab illustre parfaitement l’exemple de privatisation au profit d’un privé à Sétif dont la cession totale a été estimée à 67 milliards de centimes, la restructuration de la société d’impression, une EPE en difficulté, a vu l’ouverture de son capital au profit des travailleurs comme une alternative dictée par la volonté du personnel dans le but de sauver l’entreprise.

Au vu du conflit qui a longtemps opposé le directeur général à l’ensemble des travailleurs, aucune solution pratique -plan de redressement ou assainissement- n’a été programmée.
Une amélioration des comptes et agrégats de l’entité publique n’est désormais jugée possible que, sous un statut privé, qui est apparu depuis l’annonce par l’Etat du programme de privatisation en 1998, comme une forme de restructuration et un facteur de croissance et d’investissement à même
d’impulser la production.
alors qu’un problème majeur, lié à la nature de la formule de privatisation, allait faire surface. L’ancien directeur général imposait sa personne comme seul détenteur de la majorité des actions, face à la réprobation de l’ensemble des travailleurs, créant une situation d’instabilité.
Le rythme de l’activité s’est ralenti. Plombée par de lourdes dettes et créances, l’entreprise n’arrive pas à assurer le versement régulier des salaires et éprouve toutes les difficultés à surmonter les nombreux problèmes : déficit chronique dans la trésorerie induisant des retards dans le versement des payes et des arrêts périodiques en matières premières, vieillissement de l’outil de travail et des gammes de produits proposés concurrencés par le privé.
C’est alors que des problèmes de rentabilité et de viabilité ont commencé à se poser sérieusement. La clientèle se réduit de jour en jour pour l’entreprise montée au début des années 1980 et qui fut longtemps partenaire exclusif de l’administration publique. C’est dans ce contexte de perturbation, sur fond de grèves et de déficit, que la restructuration de l’entreprise intervient par l’ouverture de son capital au profit des travailleurs. Une thérapie qui dut certes garder l’entreprise en vie par la reprise du rythme de l’activité, mais elle n’aurait pratiquement rien apporté aux salariés sur le plan social. « On perçoit les mêmes salaires que ceux alignés par l’ancien directeur à la veille de la privatisation », témoignent les travailleurs. L’entrée en vigueur de la nouvelle forme de gestion de l’entreprise à partir de janvier 2006 a permis de mettre en place un conseil de direction, issu des travailleurs, et qui s’assigne la mission de redresser la situation. « Une situation qui se présente fort ardue » s’accorde à déclarer le nouveau directeur qui compte en premier lieu sur le retour des anciens clients de l’entreprise. La wilaya, considérée à juste titre comme un partenaire exclusif, est sollicitée, selon les nouveaux responsables, pour contribuer au redressement de la situation de l’entreprise appelée à réinvestir dans les plus brefs délais le terrain de la concurrence longtemps laissé au privé.
Sur un autre chapitre, le directeur Ziad Azzedine compte sur la qualité du produit de son entreprise comme argument à faire valoir pour faire face à la concurrence « déloyale » instaurée par le privé depuis plusieurs années. Aussi, on compte sur l’accroissement du rythme de la production afin d’établir un programme de recrutement de cadres compétents tant au niveau de la direction qu’à celui du service commercial, le secteur-clé de l’entreprise impliquée dans « les nouvelles règles de management et de partenariat ». L’association en affaires est porteuse de faillite en Algérie, selon l’adage. Mais, selon les dirigeants, conscients du risque de mortalité que présente la nouvelle formule de gestion de l’entreprise, se disent motivés par le souci de sauvegarde et de pérennité de leur outil de production, en l’absence d’une forme de gestion publique qui obéirait à des normes rigoureuses par le biais d’un plan de redressement ou alors d’une privatisation comme forme de restructuration qui garantirait la croissance et l’investissement.

A. B.


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