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APIMC Sétif, La prise en charge de l’infirme moteur cérébral, une priorité

mercredi 10 janvier 2007, écrit par : El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Devant l’incapacité et l’ignorance de nos médecins et leur jugement fataliste sur le sort de ces enfants, des parents se sont déplacés en Europe où ils ont découvert une autre vision de ces cas jugés désespérés.

L’Association des parents d’infirmes moteurs cérébraux (APIMC) est née en octobre 1990, suite à la réunion de quelques parents d’enfants atteints de cette pathologie, qui étaient rejetés et refusés partout. Aucune prise en charge ni aucun intérêt ne leur étaient accordés. Devant l’incapacité et l’ignorance de nos médecins et leur jugement fataliste sur le sort de ces enfants, des parents se sont déplacés en Europe où ils ont découvert une autre vision de ces cas jugés désespérés et ont décidé de mettre sur pied une structure qui pourrait donner espoir à ces enfants marginalisés et aussi à leurs parents.

L’action a commencé dans la salle de judo du jardin des sports, puis l’APC a attribué à l’association un local dans ce même jardin. Là, une salle a été aménagée pour la rééducation qui se faisait au niveau de l’ONAAPH. Une équipe a été constituée, des kinés, des psychologues et des orthophonistes ont été recrutés. Le local a été équipé grâce aux adhérents. Une campagne de recensement et de sensibilisation a été mise en branle, la radio locale, la télé, les affichages, la presse... Tout cela est devenu possible grâce à la pugnacité et à la persévérance des parents d’IMC. La première association d’Alger a fait tache d’huile, une association est née à Sétif puis à Batna, Tizi Ouzou, Bel Abbès, Collo, Oran... Après la récupération de l’EHS de Ras El Ma (occupé par les militaires durant la décennie noire traversée par le pays), un pavillon a été réservé aux IMC et a permis de libérer un peu d’espace au siège de l’association.

La seule source de financement de l’APIMC, ce sont les dons de généreux particuliers. La loi sur les associations interdit toute activité lucrative. La sécurité sociale vient d’accorder à l’APIMC un prix de journée (quelque 300 DA) pour chaque enfant pris en charge et pour les jours ouvrables seulement. L’association se débat comme elle peut. A chaque fin de mois, c’est la peur au ventre. Si l’équipe dirigeante est composée de bénévoles, l’équipe psychopédagogique travaille pour un salaire. L’APIMC s’occupe de la prise en charge de l’enfant IMC par la réadaptation fonctionnelle : l’ergothérapie, la psychomotricité, l’orthophonie, la scolarisation au centre ou l’intégration scolaire (un suivi des infirmes scolarisés dans les établissements de l’éducation nationale), les consultations au centre, la guidance parentale, l’aide psychologique et aussi maternelle des parents dont beaucoup sont démunis avec la formation du personnel, la collaboration avec l’ONG, santé Sud, Paralysie de France, Handicap International, la ville de Rennes, grâce à ces stages, il est possible maintenant de fabriquer et de bricoler les équipements. L’APIMC s’occupe aussi du volet social : guider les parents victimes de leur ignorance et surtout de la bureaucratie. L’Etat devrait se pencher sur ces enfants qui n’ont aucune perspective devant eux. Aucun centre ou établissement étatique n’en veut. La prévention est le fer de lance de l’APIMC. Le suivi de la grossesse est primordial, ainsi que le recensement des infirmes.

L’APIMC a pour projet principal la construction d’un centre pour les IMC. Le wali et le chef de daïra de Sétif ont pris ce projet en charge (qu’ils en soient remerciés). La création d’une équipe de soins à domicile pour les IMC est aussi un objectif de l’association. Une semaine du cerveau sera organisée en mars, à Sétif, elle réunira d’éminents spécialistes. Un appel est lancé aux parents. Il faut prendre des précautions dans le suivi et l’éducation sanitaire de la femme enceinte. L’enfant IMC ne pourra être guéri par aucune magie ni traitement miracle, les parents sont les premiers responsables de la prise en charge. L’Etat doit s’impliquer par toutes les structures existantes et prendre en charge l’IMC afin que l’enfant puisse avoir les mêmes chances de s’épanouir que l’enfant normal. Pour terminer, le docteur Saâdaoui nous parle du véhicule de l’association. Il est utile, bien que vétuste. Pas un taxi ne s’arrêtera, nous voyant avec un fauteuil roulant. Là aussi, un appel est lancé à l’action sociale. Un véhicule neuf peut aider les enfants IMC

Site Internet de l’association
www.apimc.setif.org

Nabil Lalmi, El Watan


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