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ALGER (17)

samedi 2 juillet 2011, écrit par : Amar Koroghli, mis en ligne par : Boutebna N.

La question de la femme constitue sans doute la problématique la plus éprouvante que nous hésitons à résoudre de façon substantielle, dis-je.
Il faut dire que notre mental reste très obnubilé par le dogme. S’il est vrai qu’au contact d’autres civilisations, les Musulmans cherchèrent à éviter la promiscuité censée gêner les femmes considérées comme mères, épouses, soeurs et filles, cette préoccupation était également l’apanage de ces mêmes civilisations, la crainte étant la perte de l’identité.

Ce qui explique sans doute la prohibition de liens matrimoniaux avec des non musulmans.

Oui ; ainsi, pensait-on, l’ordre social serait préservé. En réalité, cette attitude se retrouve, entre autres, en Europe où, en toute vraisemblance, la condition de l’Occidentale est restée pratiquement inchangée pendant des millénaires ; quelle différence en effet entre la condition de l’Athénienne du IVe siècle avant J.-C. et celle de la Française du XXe siècle ? Les théologiens du Moyen Age, réunis en concile, refusaient à la femme le droit au plaisir ! Elle était également chargée des travaux les plus asservissants pour un salaire dérisoire (inférieur de moitié à celui des hommes)…
Cette situation a perduré puisque, dans sa version originale, le Code civil frappe la femme d’incapacité…
Exact… Sans doute que des psychosociologues pourraient nous révéler ces schèmes mentaux propres à tous les peuples qui cherchent à tort ou à raison à se prémunir contre tout élément extérieur censé les remettre en cause. Remettre en cause leur identité nationale dont on peut se demander à quoi elle correspondrait, notre monde étant devenue par la force des choses un village planétaire. Sans doute est-ce là la raison essentielle ayant conduit, du fait de l’unité du sacré et du temporel, à une conception théologique de la législation relative à la famille, en général, et à la femme, en particulier.
Dans notre pays, selon le principe « inna erridjala qaouimoun âla ennissa » ?...
Oui, en quelque sorte. La prééminence de l’homme sur la femme, selon la pensée « fondamentaliste » qui prône le retour aux sources (El açala) devant aboutir à un ancrage du statut de la femme aux origines de l’Islam dans la tradition des ancêtres (El aslaf) ; parfois, selon la pensée « réformiste » qui préfère évoquer l’émancipation de la femme (Tahrir el Mar’a) dans un esprit religieux se situant loin de l’ordre patriarcal.

Hélas, cette querelle philosophico-théologique est loin de s’estomper, a fortiori, en Algérie où le Code de la famille a fait couler beaucoup d’encre…

Et comment ! Depuis l’indépendance, des droits élémentaires tels que la liberté de circuler, consommer dans les cafés et aller au cinéma et autres lieux publics sont réduits à la portion congrue pour les femmes. Le pouvoir est plus soucieux de ménager les milieux qualifiés de traditionalistes que de chercher à trouver une solution rationnelle à cette question.

(A suivre)


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