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PARIS (31)

lundi 10 octobre 2011, écrit par : Amar Koroghli, mis en ligne par : Boutebna N.

La sémantique ne saurait être complice de cet état de fait et ne saurait le justifier. Me revient à l’esprit le mot de Nelson Mandela : « Quand j’étais étudiant, on m’avait enseigné qu’en Afrique du Sud, la loi était souveraine et s’appliquait à tous les citoyens, quel que soit leur statut social ou leur position officielle. J’y croyais sincèrement et j’envisageais une vie fondée sur ce postulat. Mais ma carrière d’avocat et de militant m’avait dessillé les yeux. J’ai constaté qu’il y avait une énorme différence entre ce qu’on m’avait enseigné dans les salles de cours et ce que j’avais appris dans les salles des tribunaux. » (Un long chemin vers la liberté).
Heureusement qu’il existe des femmes et des hommes de bonne volonté capables de muer leur révolte, face à ces situations exécrables, en actes positifs pour la défense des immigrés. Il est tout naturellement heureux que puissent exister des consciences à ce point pétries d’humanité et de convictions de nature à secouer l’injustice jusqu’à ce que liberté s’ensuive. Mais, pour autant, a-t-elle réussi à expurger de son corps social tout germe de rejet de l’élément dit étranger ? Je ne cesse de m’interroger, au regard de ces faits non anodins pour les milliers, voire les millions, d’étrangers que nous sommes, immigrés jugés de plus en plus persona non grata, faits qui mettent à nu les mécanismes de dégradation de la condition humaine déjà mal en point. Faut-il élaborer et faire voter des textes passoires laissant les frontières à l’air libre ? Nul besoin. La volonté des laissés-pour-compte à travers le monde, dit tiers, défiera toujours les schèmes mentaux marqués par l’esprit policier et bureaucratique. Le credo « surveiller et punir » à outrance e pays frileux annonce des Etats de droit policiers. La fermeture des frontières, au motif de la sécurité, est contestable. La faim chasse la peur. Tel est le postulat qui a traversé les siècles.
Accoler « l’identité nationale » à un département ministériel consacré à l’immigration est en soi une ineptie pour un pays démocratique ; et ce à l’heure de « la mondialisation » et du village planétaire qui s’annonce de plus en plus et à l’heure de l’élargissement de l’Europe à des Etats dont la situation de sous-développement le dispute à l’absence de démocratie ; certains de ces Etats n’ont rien à envier aux Etats maghrébins. Se doter, mezza voce, d’une législation à même de prémunir l’Europe d’éléments étrangers - déjà inhabiles - jugés corrupteurs des « identités nationales » contredit, en tout cas limite, de façon certaine, la profession de foi relative aux droits de l’homme. Au demeurant, quels droits pour quel homme ? J’espère que les uns et les autres arriveront à tempérer leur ardeur de donneurs de leçons de démocratie. Notre village planétaire souffre déjà de moult maux où les nations ressemblent de plus en plus à de nouvelles tribus dont certaines cultivent l’identité nationale comme un fétichisme, alors que d’autres sont largement prisonnières du mal développement, des décisions arbitraires des « grands » de ce monde pour l’accès pour tous aux richesses culturelles et matérielles et, bien entendu, de l’injustice au quotidien de gouvernants souvent illégitimes qui poussent de plus en plus les jeunes à la harga...
Sans doute Mandela a-t-il raison de dire : « Si autrefois, j’avais considéré la loi de façon idéaliste comme l’épée de la justice, aujourd’hui je la vois comme un outil utilisé par la classe au pouvoir pour façonner la société dans un sens qui lui était favorable. Je ne m’attendais jamais à la justice dans un tribunal même si je luttais pour elle et parfois je la rencontrais »…
(à suivre)


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2 commentaire(s) publié(s)
Scarlett :
On, se sent démuni, les français d’origine française, qui avons soif de justice sociale, qui combattons le rascisme rempant de tous les jours, qui refusons l’identité nationnale,qui ne comprenons pas le rejet de l’autre,notre révolte ne mène jamais à quelque chose sinon à notre révolte, je suis un peu pessimiste car chacun fait avancer les choses, Sommes nous, la France, un pays démocratique ?? Sommes nous le pays des droits de l’homme ?? Avons nous éradiqué le rascisme ? Oui, notre village planétaire souffre,et nous souffrons ici de l’intolérance et du non respect de l’autre qui est différent. On n’ a toujours pas compris, en France, que la différence de l’autre, c’est notre richesse, alors que l’on ne touche pas à notre pote, l’arabe, le noir ect......... ça suffit Salam Ammar Koroghli, continuez à nous faire (...)
anticensure :
je dirai ceci, pourquoi sommes -nous toujours dans le role du defensif et toujour minoritaire et faible pourquoi vous vous trouviez encore dans l’habit de personnes non grata meme avec un bagage aussi prestigieux que celui d’avocats ou medecins simplement vos coeurs sont vides il n’ya pas de frontiere de territoirs de patrie et c’est ca le centre du probleme vous restez des esclaves des lois forcés a vous adaptés malgré vos cursus et vos adaptation simplement ils vous voient ,considerent ,desirent et vous orientent a leur façon a vous voir toujours minoritaire vous me rappeliez les black d’Amérique leur souffrance et malgré leur avancés en terme de liberté ils restent toujours des minorités que quelque percés téméraires et singulières certes ils ya des immigres qui ont fait un nom mais qui se comptent sur le bout des doigts quoi que dans des domaines qui ne pèsent rien sur la vie politique des français le sport la chanson.. Enfin je vous conseille de vous voir simplement étrangers et soit acceptes (...)

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