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Timimoune la mystique : une invite au voyage

mercredi 10 avril 2013, écrit par : Nagib Bouguessa, mis en ligne par : Boutebna N.

Profitant des vacances du printemps, j’ai entamé une escapade de huit jours, dans le Gourara, ensemble d’une cinquantaine d’oasis qui bordent le grand erg occidental au sud et le plateau du Tadmait au nord-ouest.
C’est avec un réel plaisir que je partage avec tous mes amis internautes cette virée dans le grand sud pour les inviter à y aller au plus vite, en groupe, ce décembre par exemple.

Avant d’y arriver, il faut faire une longue « traversée du désert », un itinéraire enivrant, fascinant, « adrélanilant », exaltant, capiteux, grisant, riche qui offre au voyageur une telle fraicheur de l’esprit et une envie d’aller , de pousser loin , très loin, de remonter loin dans l’histoire, de comprendre ce qui en fait relève d’une sérieuse et délicate incapacité neuronale . Ce fut un voyage fabuleux, fantasque ou le dépaysement est total.

Ce périple s’est déroulé sur plusieurs étapes vu les 1291 Km (3000Km en aller et retour) qui séparent Ain Fouara de ces perles d’ocre que sont les oasis et les ksours.

Pour les plus jeunes, les plus pressés, qui diffèrent à plus tard la découverte de sites aussi beaux les uns que les autres, deux étapes suffisent
Sétif- Ghardaïa : 649 Km
Ghardaïa - Timimoune : 642 Km
Ceux qui ont plus de temps peuvent continuer jusqu’à Taghit via Béni Abbes pour apprécier encore de merveilleux paysages de dunes, de palmeraies, de coucher de soleil, de raffinement intense et contempler cette belle partie de ce très beau pays qu’est l’Algérie.
Timimoune- Béni Abbes : 360 Km
Timimoune- Taghit : 150Km

Pour le retour vous avez un choix royal :
Par Béchar- Béni Ounif— Ain Sefra - El Bayadh- Aflou- Djelfa-Boussaâda...Sétif
Ou bien par Timimoun-Goléa-Zelfana-Guerara -Touggourt- El Oued-Biskra…Sétif
Tout de go, je dois affirmer que la route est impeccable, les gens partout sympathiques, le vent de sable apportant ses grains en ce début d‘avril vous enveloppe dans un superbe décor de Far-West.La sécurité bien que discrète est palpable en tout lieu et en tout insatant.
Ménia-Timimoun : les 370 Km qui constituent l’étape la moins longue à priori est celle des plus téméraires, celle des amateurs de sensations fortes. Sur cet itinéraire, 220 Km jusqu’à M’Guiden sont parcourus sans trouver le moindre relais routier (café, resto, pompe à essence). On rencontre, seulement de temps à autre (chaque 10mn en moyenne) quelques véhicules et camionneurs, par ailleurs très gentils, ce qui redonne quelque peu confiance au voyageur, sinon c’est la grande frousse, la grande peur. Faut préciser qu’on est en plein jour mais aussi en plein…Désert.
Disons que pour plus de sécurité, celle de notre confort s’entend, il faut être à deux voire trois véhicules
Faisons connaissance avec les étapes parcourues avant de découvrir ensemble la sublime Timimoun
Boussaâda (200 Km) est notre première étape de notre long périple, c’est de cette cité du « bonheur » à l’ouest du Hodna et aux pieds des monts d’Ouled Nail que s’ouvre la porte du désert. Cette mythique oasis, la première du genre en venant du nord, abrite plusieurs monuments dont la médina, le tombeau du grand peintre Nasreddine Dinet (Alphonse-Etienne 1861-1929) http://www.youtube.com/watch?v=GOqxcktzjtk), le vieux Ksar, le fort Cavaignac, le moulin Ferrero, le Souk de l’artisanat et la Zaouia d’El Hamel où repose M. Ben Belgacem le fondateur de la Zaouia Rahmania . C’est dans ses environs, qu’en 1966 fut tourné le seul western algérien « Trois pistolets contre César » de Enzo Peri et Moussa Haddad ; combien c’est beau l’histoire !
Laghouat (449 Km) : pluriel de Gheït « maison entourée de jardins ». C’est une ville fortifiée autour de laquelle gravitent de nombreux Ksours, une ville très propre, des personnes très accueillantes. Les habitants descendent de tribus Berbères appartenant au groupe Maghraoui. Vous pouvez visiter le musée établi sur une ancienne église, le fort Morand, faire une virée au marché et s’acheter des truffes (Terfas) à 800 DA le kilo. A 70 Km sur la route d’Aflou se trouve la célèbre Zaouia Tidjania fondée par Si Ahmed Tidjani vers 1770.
Pour l’hébergement l’hôtel Marhaba une œuvre de Pouillon, remarquable architecte, s’y prête le mieux bien. Malheureusement cet établissement très mal entretenu semble en attente d’une sérieuse réfection (prix 3 500 DA chambre double).
Le soir plutôt frais, au diner, on peut déguster un bon morceau de méchoui autour de 800 DA pour deux personnes. Pour les jeunes, les auberges implantées dans toutes les villes-escales sont très indiquées et acceptables (300 DA par personne)
Ghardaïa : Taɣerdayt qui fait partie du patrimoine mondial, à l’architecture particulière, à l’histoire millénaire, fut une source d’inspiration pour les architectes et urbanistes ( Le Corbusier, Fernand Pouillon, André Raverau…). Cette vallée érigée au Xe siècle par les Ibadites autour de cinq ksours fortifiés mérite à elle seule un séjour d’une semaine pour visiter Melika, Atteuf, Bounoura, beni izguen et s’imprégner de près des us, coutumes, du génie et de l’authenticité du M’Zab qui constituent un modèle du « vivre ensemble ». Ne pas omettre de prendre un bain à Zelfana (70 Km)
El Ménia (ancienne El Goléa), l’oasis aux deux cent mille Palmiers. Pour y arriver on traverse des étendues de H’mada de rocaille. A l’entrée de Goléa, on aperçoit la ville tout à fait en contre- bas, superbe, féerique, un Ksar au sommet d’un rocher et des vergers de palmiers et d’autres variétés d’arbres fruitiers (pêchers, abricotiers, amandiers, grenadiers, figuiers..).
A souligner l’origine Chaambas de certains de ses habitants, alors que d’autres les chorfas trouvent la leur dans les Ouled Behaz au Yémen. On peut visiter le musée national érigé par René Lecrec missionnaire arrivée en Algérie en 1958. À El Goléa se trouve le tombeau de Charles de Foucauld, l’ermite du Sahara. Pour l’hébergement, l’hôtel El Boustene dans un piteux état est à déconseiller, prendre une chambre à l’hôtel du vieux Ksar et y diner faute de mieux.
Le Grand Erg Occidental, est un immense massif de dunes de presque 100 000 km² culminant à 300 mètres de hauteur. Au nord ouest de cette immense zone dunaire se trouvent les magnifiques oasis d’Igli, de Taghit . Le Grand Erg c’est aussi Beni Abbès, Kerzaz, Timoudi, nos oasis du Gourara et les villes de Laghouat, Ghardaïa et Béchar.
Le Gourara est un ensemble d’oasis délimités au nord par le Grand Erg Occidental, le Touat et la Saoura à l’ouest, le plateau de Tadmaït au sud et à l’est une immense étendue plate et pierreuse qui le sépare du Tidikelt (sud d’Ain Salah). http://www.timtar.com/page40.php
Timimoun l’oasis rouge domine une Sebkha sorte de bassin entourée d’un ensemble d’oasis que sont Tinerkouk, Talmine, Kerzaz, Tagouzi, Aougrout, Deldoul… https://www.youtube.com/watch?v=Fafkpx0dwGM
Le paysage aux portes de l’Afrique noire est le même que les autres oasis du Gourara : un village aux maisons en terre cuite surplombant la palmeraie et offrant un magnifique panorama sur la partie méridionale du Grand Erg. Il y a encore quelques siècles, des bateaux empruntaient la Sebkha, d’ailleurs certains villages de ses rives ont des noms de ports. Le zénète est la langue utilisée par les autochtones à ce jour, genre de paléoberbère.
L’office du tourisme est un passage obligé, le préposé M. Moulay, une personne affable, sympathique et très cultivé va vous permettre d’organiser votre séjour et d’avoir un vue sur les sites à visiter, cartes touristiques à l’appui. Vous pouvez acheter des produits de l’artisanat local à des prix raisonnables et voir de visu des filles à l’œuvre.

A voir absolument la foggara d’Amgheir, le Souk riche en couleurs et en senteurs ou surprise vous trouvez des fruits et légumes à des prix abordables (Mangues, salades, …) et ou vous avez beaucoup de chances de rencontrer M. Barka Foulani, le chanteur local d’El Ahalil et M. Moussa qui vous sert un thé ou une Douara dans une ambiance fraternelle et très festive.
Pour l’hébergement vous avez la résidence Djenane Malek, un village haut en couleurs (animaux, plantes luxuriantes, bassin d’eau, tapisseries, quads,…) érigé dans la pure tradition locale en pleine palmeraie, au cœur du ksar. Ce site donnant une vue imprenable sur les dunes et un magnifique coucher de soleil. Prix entre 4000 et 6000 DA pour deux personnes. http://www.timtar.com/page40.php. Hôtel Kasr Massine établissement privé ouvert depuis deux années seulement, Kheima, piscine, clim,… 6800 DA pour une chambre double. http://www.hotelksarmassine.com/hotelksarmassine/Accueil.html. Hôtel du vieux Ksar : Hôtel propriété de l’APC géré par un privé à la propreté douteuse, prix : 1400 DA. Sinon il y a une multitude de maisons d’hôtes ou bien chez l’habitant des fois sans débourser aucun sou. L’hôtel Gourara et l’auberge sont fermés pour restauration ainsi que l’aéroport pour travaux.
Pour la restauration, je vous conseille une bonne pizzeria tenue par des oranais ou bien commander un couscous fait d’orge et de viande cameline, sinon les plats ordinaires(frite omelette, poulet salade,…
La spécificité musicale du Gourara est El Ahallil et le Tagerabt .Cette musique est polyphonique , les paroles en zénète et des formules religieuses . L’accompagnement est donné par une flûte, la tamja, et un tambour en terre cuite, la qallal . Pour la tagerrabt, qui se passe dans une pièce, ces instruments sont remplacés par une sorte de petite guitare, le bengri, et le rythme est donné traditionnellement par une meule en pierre sur laquelle on tape avec deux petites pierres.ainsi est l’ambiance voire l’ame de Timimoun. La force du Ahellil est telle qu’on y est marqué un certain temps. https://www.youtube.com/watch?v=h693EHA5rWA

Circuits : ils existent plusieurs circuits de 20 Km ( Badriane)le plus proche à celui de 360 Km (Beni Abbes) aussi fascinants les uns les autres. A noter la bonne tenue des routes.
Premier circuit : Badriane ( 20 Km), On visite Ighzar et sa grotte , sidi Abderahmane , les foggaras de l’Ouled Said, Aghled, les poteries & vanneries de Kali, les dunes de Tala.
Deuxième circuit : Tinerkouk (70 Km)
Troisième circuit : Talmine (90 Km)
Autres circuits : Ouled Khoudir, Ksar Kadour, Kerzaz, …
A ne pas rater la fête du Sbouh qui prend la forme d’un pèlerinage en rassemblant les habitants de tous les ksours. Il s’agit d’un moment d’intense ferveur, sorte de mémorial collectif, un déploiement d’images, de couleurs aux multiples significations symboliques, affectives et esthétiques. https://www.youtube.com/watch?v=iptyUW4_nKg

En conclusion, cet hiver par exemple ou le vent de sable est absent et ou la fête sera générale et totale, on pourra constituer une caravane d’une dizaine de véhicules pour un voyage de 12 jours. Je vous invite dès maintenant à constituer ce groupe.

Budget à prévoir : environ 45 000 DA pour deux personnes à titre indicatif.


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