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Ramadhan : les sorties nocturnes supplantent les veillées familiales à Sétif

jeudi 18 juillet 2013, écrit par : APS, mis en ligne par : Boutebna N.

Les bonnes vieilles soirées familiales que l’on se plaisait à passer autour d’un bon plateau de thé et de friandises-maison sont peu à peu remplacées, durant le Ramadan à Sétif, par des sorties nocturnes avec femme et enfants.

La chaleur de l’été n’incitant guère à veiller chez soi, de nombreuses familles sétifiennes investissent les espaces verts, les jardins publics et le parc d’attractions, devenus en ce mois sacré de véritables points de ralliement où les familles commencent progressivement à affluer moins d’une heure après la rupture du jeûne.

Après la prière des tarawih, c’est un véritable fourmillement d’enfants de tous âges, de femmes et de familles entières qui peut être observé au parc d’attractions de la ville, créant une animation étourdissante, sur les espaces gazonnés, sur les terrasses des cafétérias et des crémeries et devant les manèges et les attractions.

Khadidja L., une mère de famille rencontrée dans ce parc situé en plein coeur de la capitale des Hauts plateaux, confie qu’après une longue journée de jeûne, de travail de bureau et de tâches ménagères, elle préfère se rendre dans cet un endroit ouvert et frais.

"Cela me permet de changer mon quotidien partagé entre le travail et la cuisine, tout en permettant à mes enfants de jouer et de se dépenser loin des dangers de la rue", dit-elle.

Attablée en compagnie de son époux et de ses deux enfants de 9 et 12 ans pour déguster une glace, Khadidja confesse aussi que les lumières étincelantes jaillissant du parc d’attractions et l’agitation incessante des enfants-donnent vie" à la soirée et permettent d’échapper quelque peu de la routine.

Pas très loin de là, le square Emir-Abdelkader, ex-jardin d’Orléans, situé à un jet de pierre de la mythique fontaine d’Aïn Fouara, est, à contrario, un véritable havre de paix.

Nawel, une autre mère de famille, discute à battons rompus avec ses trois filles adolescentes. C’est, dit-elle,-un moment de retrouvailles que je commence à apprécier. Loin de la maison et des disputes sur les tâches ménagères à accomplir. Ici je retrouve mes filles et on discute de leurs études, de leurs projets et de leurs premières +pâmoisons amoureuses+".

Nawel souligne aussi que le fait de sortir prendre un peu d’air frais, après le f’tour, permet de rompre avec cette-fâcheuse habitude de rester scotcher devant la télévision à consommer des feuilletons".

Son époux, Djamel, installé sur un autre banc public, en face de sa famille, est moins enthousiaste.-J’aurais bien aimé passer la soirée à disputer une partie de dominos avec les copains (à) mais là, je n’y peux rien, je dois suivre", maugrée-t-il.

Avec Khamsa, une vieille dame de plus de 80 ans, c’est un tout autre son de cloche. Adepte depuis toujours du cocooning, elle exhale un profond soupir avant de lâcher que les bonnes vieilles habitudes qui caractérisaient les soirées d’autrefois-ne devraient pas disparaître". Pour elle,-rien dans la vie ne peut remplacer les réunions conviviales en famille, ce sont des moments bien plus précieux qu’on ne le croit parce que rien n’est éternel".

Rencontrée chez elle, à la cité du 8-Mai 1945, assise toute seule à son balcon, elle sirote un café et indique qu’elle ne sera tranquille que lorsque son rejeton de Redha, un féru des dominos, sera rentré. S’il l’avait connue, Djamel, le mari de Nawel, aurait trouvé la vieille Khamsa bien sympathique.


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