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L’art dans la ville se limite aux panneaux publicitaires

Les artistes inexploités à Sétif
jeudi 9 février 2006, écrit par : Boutebna N.

Les travaux de designers, sculpteurs, ornemanistes se rapportent aux tâches d’embellissement urbanistique.
Les sculptures, les fresques et les œuvres d’art monumentales représentent, entre autres, les ouvrages décoratifs des centres urbains. Occupant les espaces publics, ils sont un véhicule de propagation de la culture, de l’art et une fenêtre ouverte pour la population sur les valeurs civilisationnelles universelles.
La mission assignée à l’artiste obéit, certes, à la notion de délimitation des espaces publics et privés, selon les spécialistes, mais aussi à la mise en place d’un « projet de ville », qui viserait au développement urbain dont l’embellissement est l’aspect le plus marquant. Selon l’architecte Fayçal Ouaret : « Toute ville, dans le monde, a besoin d’une autorité », d’un pouvoir de décision. Mais si l’autorité publique est dessaisie de ce pouvoir, la situation de gestion urbaine devient plus complexe car, avant tout, le domaine public relève de l’autorité publique, tient-il à préciser.
Sétif, citée à titre d’exemple par les spécialistes, présente la situation d’une ville dans l’incapacité de mettre en œuvre un projet de gestion urbaine, un problème qui relève de toutes les villes du tiers-monde. Il s’agirait, avant tout, selon les spécialistes interrogés, de procéder à l’identification de l’espace public avant d’aborder toute réflexion pouvant conduire à une politique de la ville. L’exemple du trottoir, à titre illustratif, marque l’image de l’espace public « piétiné » à Sétif.
La ville est un espace où les gens apprennent à s’organiser, selon Fayçal Ouaret, qui mesure l’ampleur des dégâts de la gestion urbaine à Sétif par le manque de réflexion objective sur le projet de ville. Pour lui, deux usines en plein centre de gravité de la ville et un souk datant de 1860 qui « piétine la ville » représentent deux aspects négatifs de la « gestion catastrophique urbaine » à Sétif.
A l’heure de la déliquescence des pouvoirs publics, à leur tête le maire, d’après les spécialistes de l’habitat urbain, pour la prise en charge du projet de ville, l’artiste se perd. A Sétif, les ornemanistes, designers ou sculpteurs trouvent refuge dans l’exercice des tâches secondaires des formes d’art en optant pour la gestion de petites boîtes de communication chargées de mission de sous-traitance pour la confection de dépliants à l’intention des opérateurs économiques de la région, d’affiches publicitaires, de cartes de visite ou autres services du domaine de la communication. A Sétif, les places publiques, les placettes ou les grands boulevards sont réduits à leur aspect le plus désolant, tant que les pouvoirs publics, municipalité, DUCH s’obstinent à engager toute réflexion dans le sens de l’adhésion de l’artiste à la décoration urbaine. Les panneaux publicitaires géants ont accaparé désormais des grandes places de la ville et leur multiplication « exagérée » exclut la touche de l’artiste en milieu urbain.

A. B

La Tribune


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