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Produits et services trop chers et salaires ridicules

mercredi 2 septembre 2015, écrit par : Boutebna N.

A Sétif, le salaire parait dérisoire, voire tout bonnement ridicule face à la facture de Sonelgaz, aux frais de nourriture, en passant par le prix du loyer, la crèche, les cours de soutiens pour les écoliers et ceux des loisirs, quand ceux-ci existent.

A l’exception du carburant et du pain, les prix des produits dépassent dans beaucoup de cas ceux de l’Europe où le salaire est encore 8 fois supérieur. En plus de la pénurie et la mauvaise qualité, beaucoup de produits sont trop chers, suscitant un sentiment d’impuissance auprès de la population prise en tenaille entre le devoir de subvenir aux besoins de la famille et l’incapacité à remplir son couffin quotidien.

Les vêtements atteignent des cîmes, mettant à terre les bourses modestes de ménages qui n’arrivent plus à gérer leurs dépenses quotidiennes en particulier pendent les fêtes religieuses. Cette inquiétude générale vient s’ajouter à la liste des soucis ménagers qui s’accumulent par la faute d’un salaire pour le moins insuffisant. Par exemple, un simple pantalon-chiffon" pour enfant made in China peut facilement atteindre les 3.000 dinars soit près de 20 euros alors qu’en Europe, le même article d’une meilleure qualité est cédé contre 3 euros en période des soldes.

Les prix de l’immobilier poursuivent leur course effrénée vers le haut, atteignant des seuils intolérables. L’achat d’un appartement est réservé en majorité de cas à la classe qui pratique la « rachwa » et l’argent mal acquis. Sinon, comment explique t-on que certains responsables de l’état arrivent facilement à acheter des appartements aux coûts des milliards avec un salaire mensuel de 50.000 dinars ?

Le loyer enregistre une hausse remarquable ces dernières années et dépasse le salaire minimal. Le citoyen moyen est condamné à errer entre les agences immobilières afin de se trouver un toit. A la cité des 600 logements de Sétif, la location d’un appartement F3 dans un état vétuste est d’environs 25.000 dinars par mois. Le locataire est contraint de verser le loyer de 12 mois à l’avance et ne perçoit aucune aide sociale comme se pratique en France avec l’APL (Aide Personnalisée au Logement).

Déstabilisés par cet état, de nombreux habitants recourent quelquefois aux procédés les plus invraisemblables pour assurer leur survie. Les salariés recourent à la Rachwa الرشوة (pot de vin), au déroutement des biens publics comme des lots de terrains pour certains fonctionnaires de la wilaya et des mairies, d’autres au commerce informel, à la mendicité, au trafic de drogue et parfois à la prostitution.


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