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Le 24ème vendredi de la contestation populaire à Sétif : la résistance.

samedi 3 août 2019, écrit par : Hamoud ZITOUNI

Sortir de chez soi en ce début aout, sous un soleil de plomb, des lointains villages de Béni Ouartilane, de Bouandas, Boutaleb, de Babor et d’Ouled Tebben dans des bus brinquebalants, ou remonter des quartiers périphériques de la capitale des hauts plateaux et venir affronter la fournaise des boulevards de Sétif pour crier sa colère contre les symboles et les tenants du système corrompu, telle est la prouesse réalisée chaque vendredi depuis la période caniculaire particulièrement prononcée de cet été.

Ce n’est plus, bien sûr, la grande foule des 10 à 20 000 personnes rassemblées lors des premières manifestations ou celle, mémorable, du 5 juillet. Ce vendredi 2 aout, le 24 ème du genre, ils n’étaient que près d’un millier de manifestants. Ils sont toujours aussi déterminés que pacifiques, avec en plus, la colère et la lassitude de n’être toujours pas suffisamment entendus. Celles-ci s’expriment de plus en plus dans les slogans déclamés ou chantés en chœur sous divers airs ou modes empruntés au terroir culturel très varié du pays. Le dernier né est celui de « Dezz mahoum » (traduit mot à mot « pousse avec eux »), bien sétifien, adressé à l’homme fort du régime. Scandé par des centaines de voix, cela prête même à rire. Et l’humour, une seconde nature chez les Algériens est toujours embusqué dans la foule des manifestants sous diverses expressions tel par exemple le balai auquel sont accrochés des bidons de détergent. Il y a aussi « Goulna arhlou, arhlou » (Nous vous avons dit de dégager, dégagez.) chanté et dansé frénétiquement sur le mode « ahellil » du Gourara qui rivalise avec le « manache habsine koul djemaa khardjine » (Nous ne sommes pas arrêtés, chaque vendredi nous sortirons).

Tels qu’ils apparaissent depuis les premières marches de la contestation, les manifestants sont des gens ordinaires de tout âge, des hommes et des femmes, des chômeurs dignes dans leur détresse, des victimes de l’arbitraire, de la bureaucratie et de la corruption, des laissés pour compte, des vieux aigris par des décennies de mal-vie, des étudiants aux rêves ternis mais toujours de la combativité tenace. Nulle trace d’éléments des classes privilégiées et de clientèles habituelles du système. Celles-ci font profil bas et se sont effacées du radar. La composante du hirak est suffisamment représentative du peuple « d’en bas » méprisé et classé au rang de sujets redevables à la caste dirigeante. Celle-ci a pu le caresser par le passé dans le sens du poil par des discours populistes du genre « arfaa rassek ya ba » accompagnés de distribution de logements le temps d’une campagne électorale aux résultats connus d’avance. Et c’est justement ce que n’en veulent plus les manifestants en scandant clairement « makanche intikhabat maa el issabat » (pas d’élection en présence des gangs). Les deux précédentes tentatives de passer outre les revendications populaires ont été mises en échec avec une perte de temps dommageable pour la nation. La quasi totalité des revendications du mouvement de contestation portent en quintessence sur le même objet : le départ sans attente des symboles du système en faillite. Les contestataires considèrent que seules les modalités de ce départ sont négociables. Saura-t-on saisir clairement le message ?
Hamoud ZITOUNI


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10 commentaire(s) publié(s)
simple d’esprit :
Certains éléments fortement inspirés des premiers temps se dissimulent dans le mode et ( la mode ) de la contestations, que le reste ( la majorités ) il est possible qu’un programme ait effectivement atteint son but..! et qu’il ne soit plus utiles ? mais pour être attractif, il faut également démontrés ses attraits à ceux qui ne manifestent en fait qu’un intérêt marginal, moindre, Nous gagnerons tous à réfléchir et à discuter ensemble.( le chemin est long du projet à la chose. Molière.)
mehdi :
Si les tenants du vrai pouvoir croient vraiment aux valeurs de Novembre, ils auraient compris que le PEUPLE algérien n’est pas sorti pour rien, dès le premier vendredi du 22 février 2019. Les revendications de ce PEUPLE n’ont pas changé d’un iota, en ce 24e vendredi, et ne vont nullement changer, car elles sont des plus légitimes. Rien ne résistera devant la grandiose détermination populaire, avide de LIBERTE,JUSTICE et DEMOCRATIE. Tant pis pour ceux qui ne l’ont pas encore compris.
hirak :
saha noum setif info, c quoi ce retard !!!!
pops :
Ce pays souffre du syndrome du faible, plus communément connu sous l’appellation (syndrome du vil opprimé). Vous croyez vraiment que Gaid Saleh n’organisera pas une élection présidentielle saine et non frauduleuse ?. Vous vous gourez. Il ne peut revenir en arrière, il sait très bien que la manœuvre sera dangereuse et d’une conséquence sanglante pour le pays. Cessez vos gesticulations ridicules avec votre désobéissance civile qui n’est en fait qu’un prétexte pour voler dans les caisses. Pendant des décennies vous vous êtes tus et aujourd’hui vous exhibez votre ridicule musculature ?! Vous vous croyez maintenant fort alors qu’au temps de la rudesse vous vous planquiez comme des autruches. Ne faites pas les effarouchés. Gaid sait ce qu’il fait, il n’est pas fou et en plus il faut accepter des compromis pour (...)
Semar :
GAID SALAH ET SON ho comondmon de l’ARMÉE ONT ÉTÉ ASSOCIÉ À LA ISSABA DE BOUTEFLIKA, ET ILS LE SONT TOUJOURS. BEDOUI, BENSALAH PLACÉ ILLÉGALEMENT PAR SAID BOUTEFLIKA. L’ADMINISTRATION , LES SERVICES SONT SOUS ORDRE DE LA ISSABA DE GAID....COMMENT PEUT-ON ALLER AUX ÉLECTIONS ??? YETNAHAW GAA + LA ISSABA NÉGOCIE SON DÉPART + PÉRIODE DE TRANSITION ( METTRE DE L’ORDRE, SÉCURITÉ ET STABILITÉ) POUR PRÉPARER LES ÉLECTIONS LIBRE DÉMOCRATIQUE, POUR UNE NOUVELLE ALGÉRIE.
Semar :
yetnahaw gaa + marhala intikalia moussayira bichakhssyate atawafoukia... Qu’ils dégagent tous + période de transition dirigé par des personnalités acceptés par le peuple... 1 - CORRIGER LE DOUSTOUR QUI OFFRE ACTUELLEMENT AU PRÉSIDENT ÉLUE DES POUVOIRS DE DICTATEUR...D’OU L’EMPRESSEMENT DE GAID SALAH POUR DES ÉLECTIONS DANS LES PLUS BREF DÉLAIS...SURTOUT QUE GAID CONTROLE TOUS LE PROCESSUS DES ÉLECTIONS...= REGÉNÉRATION DU SYSTEME
Khier :
Bonjour Nuance mon cher Zitouni : parmi les manifesants il y avait aussi un grand nombre de médecins, d’avocats, de profs d’université, de commerçants, de grossistes de Dubai. Bien sûr,ceux qui venaient par curiosité,pour les selfies, pour passer le temps, ont vite fait de s’éclipser et de se retrouver un nouveau maitre à lécher dès que les revendications se sont faites plus piquantes et sérieuses (comme on dit : chassez le naturel, il revient au galop). Bien à vous Djazairi horr
rostom :
certe le peuple n’est pas sortie pour rien le 22 février mais malhereusement il a été infiltrer pour ceux qui appel a une période de transitions c qu’ils savent qu’ils n’auront aucune chance de gagner par les urnes et personne ne vas les elires pour la derniere fois les seul bénéficiaires du statut co et l’impasse qui risque de dégénérer sont les franco-berberiste et les makake du MAk
Commentaire n°287395 :
Il y’en a un problème Mr Zitouni, dans les photos principales du 23eme et 24eme semaines, vous mettez le focus sur l’homme de la pancarte. Est-ce que vous faites de la manipulation ou de la publicité gratuite. Vous reprenez les pas d’algérie1 et algérie360, pour lancer Karim Younés, un opportuniste à outrance qui a fait du racolage pour offrir ses services au pouvoir. C’est un homme qui change de direction comme une girouette FLN, FFS, RCD, parti de Benflis et maintenant avec Bensalah. Je n’ai aucun respect pour cet opportuniste
H.ZTOUNI :
A mr Khier/ Merci pour votre pertinente remarque à propos de la composante sociale des manifestants. Les médecins et probablement d’honorables professionnels d’autres secteurs étaient sans doute présents sans être visibles en tant que tels. J’en prends acte. Au mr auteur anonyme du commentaire n°287395. Je ne fais la pub pour personne, même pour un simple, humble et anonyme citoyen porteur d’une pancarte. Le seul intérêt de cet écriteau est l’authentification de la date de l’événement. Par ailleurs, étant, je le crois, d’un âge assez mûr et libre comme le vent, je vous rassure que je ne roule pour personne et seuls ma conscience et mon ressenti me dictent ce que j’écris avec le risque de me tromper. Je n’ai aucune ambition politique. Comme de très nombreux Algériens, j’aime mon pays ainsi que le peuple dont j’en fais partie et je suis très soucieux de leurs présent et avenir. C’est pour cela que je crois aux vertus du vrai dialogue et de la lutte pacifique pour une Algérie meilleure pour tout son (...)

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