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Des soldats africains au Darfour : La France déboutée

mercredi 15 août 2007, écrit par : Mohamed Khaled Drareni, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

A vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, on risque de n’en attraper aucun. C’est à cette moralité qu’a dû parvenir le ministre français des Affaires étrangères.

N’ayant pas vu la nécessité de convier l’Union africaine à la dernière conférence de Paris sur le Darfour, Bernard Kouchner vient de proposer que des soldats français fassent partie de la future force hybride dans la province soudanaise. Khartoum a immédiatement jugé cette suggestion inopportune. Déjà que le Soudan avait joué, des mois durant, au chat et à la souris avec la communauté internationale, il avait aussi exigé que l’Unamid (Mission des Nations unies au Darfour) soit exclusivement constituée de militaires issus d’Etats africains et islamiques. Un vœu qui serait sur le point d’être réalisé, et plus encore, puisque, à voir les promesses de certains pays, la totalité des contingents déployés pourraient ne provenir que d’Afrique.

Un camouflet pour la diplomatie française qui avait espéré voir d’autres pays fournir des soldats à l’Unamid. Atlantiste invétéré, Bernard Kouchner a mis tout son poids dans cette bataille diplomatique pour convaincre le président El Bachir d’accepter cette option. Il vient d’être désavoué par une kyrielle de capitales africaines qui ont annoncé, l’une après l’autre, leur disposition à contribuer, hommes à l’appui, à préserver la paix au Darfour, et par le président de la commission de l’Union africaine.
Le chiffre initial de 12 000 militaires africains a été avancé hier. Ces renforts devront rejoindre incessamment les 7 000 hommes déjà présents dans la région. Avec ce nombre important, c’est près de 70% des 26 000 hommes prévus qui seront atteints.

Quant à Alpha Oumar Konaré, il a confirmé hier ce nouveau rebondissement. « Je peux dire que nous avons assez de promesses d’engagement de pays africains et que nous n’avons pas besoin de recourir à des pays non africains », a annoncé l’ancien président malien à des journalistes dans la capitale soudanaise. Au volet plus conflictuel de la politique, le chef de l’Etat sénégalais veut s’impliquer dans le dialogue en cours entre les différentes factions rebelles au Darfour. Officiellement mandaté par son homologue soudanais Omar Hassan El Bachir, Abdloulaye Wade a rencontré, lundi dernier, Abdel Wahid Mohammed Nour, chef du Mouvement de libération du Soudan (SLM). Il lui aurait demandé de rejoindre les efforts de paix qui se poursuivent encore dans la ville d’Arusha en Tanzanie. « Pour être partie, il faut être présent », aurait répliqué le président sénégalais au chef rebelle soudanais.

Plus de quatre ans après le déclenchement de la crise du Darfour, jamais une solution finale n’avait été aussi proche. Depuis l’adoption de la résolution 1769, qui préconise le déploiement de 27 000 soldats dans la province, les Darfouris se mettent à croire à une paix réelle, sincère et durable.

Par Mohamed Khaled Drareni, La Tribune


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