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1958, un été sanglant à El-Maouane

lundi 24 juillet 2017, écrit par : M.F. TOUMI

Située près des maquis des wilayates 2 et 3 historiques, la localité d’El-Maouane (au nord de Sétif) avait une caserne de mille (1000) soldats auxquels s’ajoutaient les harkas. Les colons Barral, Dusset, Réno et autres ont bénéficié des meilleures terres fertiles de la région près desquelles ils ont construits de vastes et belles maisons, des étables avec mangeoires, des hangars, tout en aménageant des placettes avec bancs pour repos, des fontaines publiques et des abreuvoirs, une église et une école primaire.

Ainsi, la bourgade se transforma en village colonial. Le garde forestier Vébert veillait sur la sauvegarde des forets lieu de repos pour les familles européennes. El-Maouane qui a été secouée par les massacres du 08 Mai 1945 (Voir SETIF FOSSE COMMUNE, de Kamel BENIAICHE, Editions IBRIZ Alger 2016, Pages 82/85), revenait sur la scène politique durant l’été 1958.

A l’occasion de la visite du général de Brigade Paul Louis GANDOËT, Commandant la 19ème Division d’infanterie et la zone Ouest du Constantinois, les populations des localités d’El-Ouricia et Ain-Abassa ont été invitées à ce rassemblement.

Chacune de son côté, ces communautés Algériennes et Européennes occupaient la placette (près de l’église) sous la surveillance des militaires. Accueilli par les notables après les honneurs militaires rendus par la fanfare, cet officier supérieur commença son discours glorificateur de la France, lançant vers la fin- Vive la France", c’est l’éclatement d’une grenade qu’il entendit comme réponse des Algériens.
Une quarantaine de personnes a été blessée dont le Général transféré en urgence vers l’hôpital de Sétif. L’auteur de cet acte, Le Moudjahid (Fidaï) Abbas KERRAGUEL s’échappa à travers les champs.

Après la surprise, la peur et la panique, s’en suivit une vague d’arrestations par les Algériens. Les frères Brahim, Mahmoud (Larbi), Salah KERRAGUEL et leur cousin Aissa (père de deux enfants) qui revenaient de leurs occupations quotidiennes ainsi qu’El-harrachi de son vrai nom Bouzid GUENFOUD venu d’El-Ouricia assister à ce rassemblement ont été arrêtés, atrocement torturés à la placette, puis arbitrairement fusillés à quelques mètres du village.

La France doit payer pour ces crimes contre d’innocents citoyens victimes de la barbarie de la raciste soldatesque colonialiste.


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