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Pizza, fast-foods, consommation et intoxication

Ces pizzerias qui font mal
dimanche 26 novembre 2006, écrit par : El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Les Sétifiens s’investissent dans un nouveau créneau commercial. Après les cafés, les grossistes en alimentation générale, l’habillement, les magasins d’électronique, d’informatique, les cybercafés, les magasins de portables et les taxiphones, ils se lancent dans la pizza.

Cette activité est apparemment rentable et lucrative. Au centre-ville, rue Valley, il n’y a pas moins de 10 pizzerias qui ne désemplissent pas à longueur de journée. Elles sont implantées dans tous les quartiers de l’antique Sitifis. Beaucoup de commerçants se sont reconvertis dans la pizza. Partout, les devantures changent, les fours sont installés et Sétif se transforme en Rome. Les habitudes alimentaires ont changé : le Sétifien, après une sortie en famille, passe prendre quelques pizzas et rentre les consommer chez lui. Les fonctionnaires préfèrent déjeuner dans une pizzeria au lieu de tuer la demi-heure de pause déjeuner dans les transports. Les collégiens, les lycéens et les universitaires font partie de la nombreuse clientèle des lieux. La pizzaconnection est venue d’Alger. Au début, quelques pizzaïolos sont arrivés de la capitale et dans un petit local, ont commencé à travailler. Et pour confirmer la théorie de la division cellulaire, ont donné naissance à une vraie secte. De jeunes Sétifiens y ont adhéré et ont appris un métier rentable. « Voir cette jeunesse travailler et s’investir corps et âme dans leur activité, ça donne de l’espoir. Tous ces clients qui envahissent les pizzerias sont un signe de bonne santé dans la société », avoue Alloua un vieux pâtissier.

Faouzi, enseignant, nous explique : « Nous travaillons, mon épouse et moi, les enfants sont chez leurs grands-parents. Alors, à midi, je préfère prendre une pizza au lieu d’aller cuisiner. » « Lorsqu’on sort du travail vers 18 h, on a faim. On passe dans une des pizzerias du coin pour recharger les batteries », souligne Khaled, cadre dans une entreprise. A midi, les salles sont combles et les gens pressés de se sustenter. La jeunesse sétifienne est en train d’apprendre le métier et les investisseurs savent que l’Algérien passe son temps à manger. Dès l’ouverture au matin, les clients sont là : une tranche à 20 DA ou une pizza à 120 DA, ça coupe toute faim et permet de tenir assez longtemps. Le seul défaut est l’unité du goût, l’uniformité est de rigueur. Cet engouement des consommateurs n’est pas suivi par des prestations adéquates. Le service laisse le plus souvent à désirer. D’autant que ces affaires rapportent gros, renflouent les caisses des gérants devant améliorer et la qualité des produits et l’état des lieux dont de nombreux locaux sont, le moins qu’on puisse dire, insalubres. Les fast-foods, qui profilèrent tels des champignons, proposent des menus variés. Les prix affichés défient toute concurrence. Les repas proposés à une clientèle pressée ne sont pas exempts de tout reproche. Les viandes et poissons congelés, n’étant le plus souvent pas contrôlés, sont proposés au prix du frais. L’hygiène en ces espaces crasseux s’inscrit le plus souvent aux abonnés absents. Cet état de fait est à l’origine des intoxications alimentaires. Une réglementation et une descente des agents concernés ne feraient que du bien à la collectivité qui n’aura pas à payer à la place de faux « restaurateurs » ainsi qu’au client qui demeure pour l’heure, le dindon de la farce. Le phénomène des m’hadjeb qu’on fabrique à chaque coin de rue attire l’attention. Sans autorisation ni registre du commerce et ne se souciant guère de la santé de ses concitoyens, le « m’hadjbi » actionne la machine qui ne dérange pas les responsables ayant sans nul doute vite oublié les intoxications des dernières années ...

Nabil Leulmi , Kamel Beniaiche, El Watan


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