Accueil > Reportages >

Transport par taxis : Déboires d’investisseurs

dimanche 7 octobre 2007, écrit par : N. Lalmi, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Ayant pour projet de mettre sur pied une compagnie de taxis, qui a coûté plus de deux milliards de centimes pour l’achat de véhicules et d’équipements, qui croupissent dans l’inactivité depuis septembre 2006, dans un garage payant, et qui a fait perdre l’espoir à 25 pères de famille d’avoir un emploi, Nasreddine Acila, jeune investisseur algérien, se heurte encore à la bureaucratie du ministère des transports et au refus de trouver une solution à une situation qui perdure et pénalise tous ceux qui veulent investir dans le créneau (voir El Watan du 1er -07-2007).

Une clause du cahier des charges impose aux candidats à l’investissement d’équiper leurs véhicules de radios, ce qui a été fait. Seulement, les fréquences radios distribuées par l’agence nationale des fréquences (ANF) ne sont pas disponibles, et plus d’une quinzaine de projets de compagnies de taxis sont bloqués au niveau national depuis plus de deux années, à cause de cette condition sine qua non, dont le ministère des transports ne veut pas se départir. Les nombreuses tentatives de l’opérateur pour trouver une solution et la disponibilité de produits de remplacement chez certains intervenants en téléphonie, n’ont pas réussi à faire changer de position aux responsables du ministère. Selon le propriétaire de « Sétifis taxis », le directeur central au niveau du ministère, continue à faire la sourde oreille et refuse tout compromis ou proposition de solution. Dire que le créneau est non seulement rentable, mais booste la qualité d’un tel secteur, décrié des années durant. « Le rapport qualité -prix des taxis-compteur est mille fois meilleur. Avec ce moyen de transport, le client, qui est bien servi, y trouve son compte. La ponctualité et le sérieux du premier opérateur vont, sans nul doute, encourager d’autres qui vont certainement donner à réfléchir aux anciens d’un métier qui fait sa mue », dira une dame, habituée de ce genre de transport urbain. Hélas, un blocage, qui ne dit pas son nom, est vécu par beaucoup de jeunes algériens qui tentent d’investir dans leur pays, et dans tous les créneaux. Ils subissent le niet de bureaucrates qui gèrent les affaires de l’Etat comme leurs biens propres. Déposer un dossier à l’Ansej, obtenir un crédit des banques publiques, qui refusent de jouer le jeu, devient un véritable parcours du combattant. Le candidat à l’investissement usera bien des semelles avant de démarrer un projet. « J’ai couru pendant des années, j’ai fourni des tonnes de papiers à l’Ansej, j’ai dû bidouiller mon projet un tas de fois, et lorsque j’ai eu l’accord de l’agence, je me suis vu rejeté par toutes les banques, aucune ne voulait m’attribuer de crédit sous prétexte qu’elles ne pouvaient prendre de risque, et que leur ratio était dépassé », nous explique Ali, qui a essayé de mettre sur pied une société de nettoyage, mais a dû déchanter, après des années de combat, contre la bureaucratie. Si les paroles de nos responsables encouragent l’investissement et la création d’entreprises et d’emplois, certains tenants de décisions imposent leur fin de non-recevoir à la jeunesse algérienne, qu’ils voient mieux en « hittistes ».


Partager cet article :

Derniers articles

Notre site utilise des cookies à diverses fins, notamment pour personnaliser les publicités.
En continuant à utiliser ce service, vous acceptez notre utilisation des cookies.   En savoir plus