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Lyon-Sétif

Retrouvailles autour du tramway
mercredi 22 mars 2006, écrit par : Nedj

A la tête d’une importante délégation d’élus et d’entrepreneurs, Gérard Collomb s’est rendu à Sétif afin de signer un accord de coopération décentralisée. Première étape de son voyage en Algérie.

On ne sait pas encore quane le tramway circulera à Sétif,la ville centre (400 000 habitants) de la Wilaya du même nom, située au nord-est de l’Algérie. On ne sait pas non plus qui construira ce tramway, ce projet en étant à ces prémices. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le Grand Lyon participera activement à sa réalisation selon les termes de l’accord de coopération signé entre les deux cités, samedi soir dernier, à l’occasion de la visite de Gérard Collomb en Algérie.
On aurait, toutefois tort, de ne voir dans ce parchemin - préparé par le service des relation internationales de la communauté urbaine - qu’une déclaration de bonnes intentions de plus. Ou, au contraire, une façon de glisser le pied dans la porte au moment où va se négocier un marché juteux. Si l’aspect commercial n’est pas à négliger - sinon comment expliquer que le sénateur-maire se soit rendu dans la Capitale des hauts-plateaux flanqué d’une importante délégation d’entrepreneurs - le document signé revêt aussi une portée symbolique. Il vient mettre en fin à la paradoxale indifférence qui régnait entre les deux villes alors même que près de 40 % de l’immigration algérienne dans l’agglomération (1) est précisément originaire de Sétif.

L’eau de la fontaine Ain el Fouara

Et ces retrouvailles ont été d’autant plus fêtées, comme en témoigne l’excellent accueil qui a été reservé à Gérard Collomb, qu’à l’évidence Sétif attend beaucoup de Lyon.Non pas en matière d’aide financière puisque la région est loin d’être défavorisée. Et que de surcroit sa population en fait la seconde Wilaya d’une Algérie assise sur un trésor, au propre comme au figuré, en raison de ses ressources en gaz et en pétrole et de sa gestion prudente des revenus de son sou-sol dans la situatin exceptionnelle du marché.
Ce dont Sétif a besoin, en fait, c’est avant tou de partager un savoir-faire afin de rattraper un peu du temps perdu dans les premières années de l’Indépendance, celles de ce socialisme à la mode arabe qui a vite marqué ses limites.
Ou, plus tard, au long de la décennie de guerre civile qui vient de s’achever. Soit une période noire qui, si elle a eu l’avantage de ne pas bouleverser le paysage urbain somme toute charmant hérité de l’époque colonial, a laissé Sétif délabrée et gravement déficiente, notamment dans le domaine des transports publics.
Reste que du Wali (Préfet) au simple fonctionnaire, une crainte habite les Sétifiens, celle de voir ce lien noué avec Lyon se limiter à une simple visite protocolaire. Hommes prudents, ils ont don inviter Gérard Collomb à venir se désaltérer à leur chère fontaine-Ain el Fouara". Précaution élémentaire car il est dit que celui qui goûte à cette eau reviendra toujours à Sétif.

(1) Selon une étude réalisé en 2001, on dénombre un peu moins de 100 000 algériens à Lyon, auxquels on peut ajouter les français d’origine algérienne (200 000 en Rhône-Alpes).

R.R., Source : Le Progrès


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