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Sétif un lieu, une histoire, Si bonmarché m’était conté

mardi 29 août 2006, écrit par : El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Beaumarché, comme on l’appelle communément, est en vérité : la cité d’habitations à Bonmarché. Cette cité a été construite à l’origine pour les fonctionnaires aux revenus limités, de l’administration française.

Les premiers habitants de cette cité furent quelques enseignants français et d’origine algérienne, des militaires et des policiers. Elle prit le nom de cité Lévy. Les gens de toutes les confessions, surtout juifs et chrétiens, ainsi que certains indigènes, y vivaient en bonne entente. A l’indépendance, les habitants français ont fui le pays. La plus grande partie d’entre eux ont abandonné leur habitation, d’autres ayant déjà vendu à des Algériens leur maison. « Beaucoup des habitants de la cité ont occupé de force ces maisons lors des manifestations de joie à l’indépendance ; ils descendaient des maquis, les armes à la main et s’appropriaient les villas ; la plupart ont eu recours, plus tard, aux témoignages des voisins pour se faire établir des actes de propriété », me racontait Lamri. La vie était paisible dans la cité ; on sentait l’odeur des jardins et des fleurs dès le pont. En été, à l’heure de la sieste, on n’entendait ni les pétarades des motocycles ni les chamailleries des marmots. Les gens se connaissaient et se respectaient. Les maisons de Bonmarché et leurs jardins ont commencé à disparaître progressivement.

Les habitants ont innové ; ils ont construit des bunkers et des tours. Les premières familles ont commencé à s’en aller, à vendre (le mètre carré est de plus en plus cher). Les vieilles belles maisons ont été démolies et, à leur place, les nouveaux maîtres des lieux ont érigé des tours sans jardins, mais avec garages, beaucoup de garages. La cité a abrité beaucoup d’illustres personnes : Mokhtar Aribi et Rachid Makhloufi. Kermali y réside toujours. Toute la cité, Tlidjène maintenant, ou presque est à vendre et les prix dépassent le milliard de centimes. Un nouveau pôle commercial s’est installé à proximité de la mosquée El Ouartilani, littérature théologique, accessoires du parfait musulman, tout y est. Le rond-point a enfin été pris en considération : une stèle y a été érigée en l’honneur de la glorieuse équipe du FLN. La circulation est dense à tous les moments, la proximité de la zone industrielle y est pour beaucoup ; l’état des routes est lamentable, les autorités qui ont inauguré la stèle ont dû s’en apercevoir.

Nabil Leulmi


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3 commentaire(s) publié(s)
omar :
Je pense qu’il est important d’insister sur le fait que boumarché fracisse ne comptait que très peu d’algériens parmi ses habitants avant l’indépendance. Les algériens étaient cantonnés dans le quartier voisin adossé à, la voix ferrée que l’on appelait boumarché arabe.

Réponse :

Bonjour les sétifiens ! Je suis très heureuse d’évoquer avec vous le quartier de mon enfance jusqu’à l’âge de 8 ans.Je vis en France depuis 1958 et Dieu merci, je fais partie des heureux privilégiés ayant pu bénéficier d’une instruction sérieuse. Grâce à Dieu, mes enfants aussi.Ma vie avait démarré à Boumarché arabe dans le froid, la faim et la misère. En effet, en 1958, mon père a été une des vistimes malheureuse et -valeureuse- de la guerre d’Algérie. Nous vivions alors à la cité Lévy, maison Madani. j’ai su que ces soi-disant- maisons- ont été démolies à cause sans doute de leur insalubrité. Eh bien oui ! malgré la guerre, les rafles et les nuits mouvementées lorsque les soldats français nous sortaient de nos pauvres -gourbis- pour une fouille ... j’ai été heureuse de vivre dans ce quartier où pas un français n’habitait. Ceux-ci résidaient dans le quartier limitrophe -boumarché francis...- Il existait alors une solidarité à toute épreuve entre voisins. Je ne parlais pas un mot de français mais cependant, j’ai (...)
MOUSLI DJAMEL :
en réponse à l’éditeur de l’article BONMARCHE, je tiens personnellement à apporter certains eclaircissements. QUI ETE VOUS SI NABIL EL EULMI ? Comme votre nom l’indique, vous n’avez aucun droit de porter le moindre jugement ou la moindre réflèxion sur une citée dont vous ne connaissez que le nom.Les seules personnes dignes d’apporter des temoignages sur cette citée sont les dignes fils de la cité TLIDJENE. Dont acte.

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