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Développement de la ville de Sétif : 200 milliards de centimes cherchent managers

lundi 27 novembre 2006, écrit par : Farid Benabid, Liberté, mis en ligne par : Boutebna N.

La tirelire est pleine. L’argent du développement arrive. Cependant, les ressources humaines, motrices du développement, à même de transformer ces dépenses faramineuses en investissements porteurs font cruellement défaut.
Jamais la commune de Sétif n’a bénéficié d’une manne financière aussi conséquente pour son développement. Plus de 200 milliards de centimes pour des projets de grande envergure touchant pratiquement tous les secteurs à même d’améliorer le cadre de vie du citoyen. On y trouve l’éducation, l’enseignement supérieur, l’habitat, les routes, la jeunesse et les sports, les transports ainsi que différents services d’utilité publique. Tous ces projets verront leur réalisation dans un délai n’excédant pas deux années.
Carrefour des Hauts-Plateaux, Sétif aura sa gare internodale (routière et ferroviaire) avec une capacité d’accueil de 5 millions de voyageurs par an. L’enseignement supérieur sera renforcé par la réalisation d’un troisième pôle universitaire sur le site d’El Hidhab de 10 000 places pédagogiques comprenant 3 facultés.
Le secteur des travaux publics n’est pas en reste avec le dédoublement de la RN9 entre la ville de Sétif et la limite de la wilaya de Béjaïa sur une distance de 40 km. Les cités Sonatrach, des 1006, 1014 et 600 logements font l’objet de travaux d’aménagement des espaces extérieurs, de ravalement et de réfection de l’étanchéité. La radio locale verra bientôt son nouveau siège érigé dans le parc d’attractions.
Sur le plan environnemental, une étude actualisée concernant l’aménagement de la forêt Zenadia, au nord de la ville (et qui était un lupanar à ciel ouvert) sur une superficie de près de 192 ha est en cours. Un projet s’étalant sur 48 mois, qui englobe des aires de jeux, des routes cyclables et des structures d’accueil, est prévu. Le volet jeunesse et sports bénéficiera d’un nouveau stade dans la cité El Hidhab pourvu de tartan synthétique de 4e génération, d’une capacité d’accueil de 1 400 places.
Il sera réceptionné dans les prochains jours. La reconstruction d’une nouvelle Maison de jeunes à Bel Air et le projet d’une nouvelle salle des sports dans la localité de Cheikh
El Aïfa (Fermatou), dont les travaux débuteront au mois de janvier prochain, sont à comptabiliser dans le portefeuille de ce secteur. La localité de Aïn Trik au sud de la ville (ex-Croisée) en proie à l’exode rural massif aura, enfin, son lycée d’une capacité de 800 places. Un véritable plan Marshal qui exige pour sa concrétisation l’engagement des élus et gestionnaires locaux et le suivi rigoureux des instances de contrôle et d’orientation. Les retards enregistrés dans la clôture des opérations inscrites dans le plan de développement local, la non-gestion du ramassage des ordures, les défauts d’éclairage public et l’état des routes sont là pour plaider pour une meilleure adaptation des ressources humaines aux objectifs de développement arrêtés. Lors de la réunion de travail, tenue la semaine dernière avec les élus, le chef de l’exécutif n’a pas manqué de dire les choses telles qu’elles sont et de dresser un tableau exhaustif de la situation de la commune de Sétif, la deuxième après Alger en densité urbaine.
Le wali a jeté la balle dans le camp des élus locaux quand il a lâché : “Si les moyens financiers existent à profusion, les lacunes se situent dans le manque d’efforts et de prise en charge de vos missions exclusives et quotidiennes, vous devez assumer vos responsabilités.”
Il est vrai que les élus locaux semblent détachés de la réalité et gèrent beaucoup plus les querelles de clocher que les problèmes de la cité. À titre d’exemple, le nouveau siège du tribunal, achevé à 90%, a été implanté sur le site Omar-Deggou, près du souk Abbacha très controversé. “Si des études sérieuses avaient été entamées, ce site n’aurait jamais été choisi !” a déclaré le wali ordonnant la réservation d’un espace vert pour atténuer le contraste.
L’abondance de l’argent de la rente, de par les expériences qu’a connues l’humanité, n’a jamais développé un pays. S’il est une condition pour le décollage socio- économique, seules les compétences sont capables d’apporter la plus-value nécessaire

Farid Benabid


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