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Retour du transport public à Sétif

jeudi 1er février 2007, écrit par : Farid Benabid, Liberté, mis en ligne par : Boutebna N.

À l’instar des autres grandes agglomérations du pays, la capitale des Hauts-Plateaux aura finalement sa régie communale de transport avec 50 bus neufs et adaptés, ce qui permettra aux pouvoirs publics de disposer d’un outil de régulation d’un marché aujourd’hui chaotique.

La wilaya de Sétif, deuxième du pays en densité de la population, compte environ 2 200 véhicules de transport en commun et environ 600 lignes pour le transport urbain. La capitale des Hauts-Plateaux dispose de 25 lignes et près de 400 bus. Ceci pour le côté chiffres. Côté pratique, cela rend le problème plus ardu et n’arrange nullement les choses. Le transport public urbain évolue dans un anarchie “impeccable”.

Aujourd’hui, le métier a été ouvert à tous les vents et l’on est passé d’un dirigisme bureaucratique des plus étroits à un libéralisme sauvage et débridé. Du jour au lendemain, ce service hautement public est devenu accessible à quiconque voulait l’exercer, en faisant un pied de nez de toutes les réserves réglementaires. Des véhicules n’ayant rien à avoir avec le transport des personnes ont été sommairement aménagés, d’autres importés de toutes les ferrailles d’outre mer qualifiées par le génie populaire d’Orni (Objet roulant non identifié) ou de containers ambulants, circulent à travers les artères de la ville, générant la pollution, des encombrements et... des accidents. Pilotés par des jeunes sans expérience, ces bus sont sales, grillent les arrêts avec à bord des receveurs n’ayant aucune considération pour les usagers, insolents dans leur allure et leur comportement. Aucun pays ne peut se targuer d’avoir autant libérer un secteur aussi vitale dans des centres urbains à l’image de Sétif qui ne dispose jusqu’au jour d’aujourd’hui d’aucun plan de circulation. Ces petits transporteurs sont devenus un véritable monopole.

Cette privatisation du secteur est un véritable échec. Pour pallier cela, l’État va se réaccaparer ce créneau ô combien sensible.
Ainsi de nouveaux établissements publics de transport vont être créés (ETU). À Sétif, elle génère une flotte de 50 bus de marque Van Hool et précisément adapté au transport urbain. L’ETU sera placée sous la tutelle des transports, gérée par un conseil d’administration qui représentera les ministères des Collectivités locales, des Transports, de l’Environnement, l’APC... Il assurera une mission de service public.

Cela nous ramènera aux temps anciens, où toutes les grandes villes du pays avaient leur régie communale de transport urbain. Même en nombre insuffisant, les bus étaient tenus dans un état de fonctionnement convenable où les règles de convenance et d’hygiène étaient respectées et où chauffeur et receveur en uniforme avaient une notable idée de leur métier en plus d’une formation spécifique.

FARID BENABID


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