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CYBERCAFÉS À Sétif : La fièvre des internautes

lundi 13 juin 2005, écrit par : Boutebna N.

A Sétif, les cybercafés foisonnent à un rythme effréné. Le nombre de ces espaces dépasse de loin la centaine. A tel point qu’on en trouve à chaque coin de rue. Mêmes les cités les plus reculées en sont pourvues.
Pour fructifier les affaires d’un créneau porteur, certains veinards se sont installés à proximité des établissements scolaires et universitaires. Cette installation fortuite ou non a eu des incidences sur la scolarité et le cursus universitaire des nombreux habitués devenus accros du net. Ces endroits sont-ils donc devenus des supports éducatifs ou des lieux d’engourdissement intellectuel ? Pour les initiés, le net est une fenêtre sur le monde extérieur, une bouffée d’oxygène, un trait d’union entre les peuples. Il est aussi un support pédagogique de premier ordre. D’autres, le considèrent comme l’une des plus importantes victoires de la science ayant facilité le contact entre les gens de divers horizons, cultures et religions. De nombreux parents qui font de cette occupation un loisir partagé accompagnent leurs enfants aux cybers. « Le PC est un autre moyen pédagogique qui permet à ma fille de se documenter et d’enrichir ses connaissances », nous confie Mourad K. qui apprécie ces moments qui lui permettent, dit-il, d’approfondir ses liens avec son enfant. Le vortex du cyber attire dans sa spirale des milliers d’étudiants faisant du net un port d’échange culturel avec l’étranger et tout ce qu’il peut offrir comme possibilités d’inscription aux grandes universités du monde et des sources inépuisables d’information pour leurs thèses, mémoires et exposés. Le monde des affaires ne reste pas en rade, des moyennes et petites entreprises de la région en font un espace de promotion. Ainsi plusieurs sociétés ont pu placer divers produits du secteur de l’artisanat en Europe. L’incontournable tourbillon est d’une grande utilité pour les cadres, à la recherche d’opportunité devant les aider à actualiser leurs connaissances : « L’Internet m’a permis de nouer des contacts et de tisser des amitiés avec des gens fabuleux qui m’ont aidé à décrocher un stage de perfectionnement de trois semaines dans un grand hôpital parisien », nous confie Djamel infirmier, qui considère le net comme un moyen de décompression, c’est aussi, dit-il, un accès sans visa à une planète où l’on obtient réponse à toutes sortes de questions. Mme Djamila, qui est une fidèle de l’endroit, abonde dans le même sens : « Cette boîte magique réduit les distances et rapproche les gens. Elle me donne l’occasion de discuter avec mon fils qui se trouve au Canada. » Mme Malika H. n’est pas du même avis : « Le cyber est une menace pour le psychique des enfants ». En effet, cette mère de famille, professeur de français, ne peut plus contenir son désarroi devant son impuissance face à la dépendance de son fils. Agé de 13 ans, le garçonnet est devenu un accro du net. Passionné de chat et de jeux vidéo, il en est arrivé à sécher ses cours et à prendre de l’argent en cachette pour se rendre dans ces zones « proscrites » par ses parents. Cet accroissement a engendré une féroce concurrence ayant généré une guerre des prix qui oscillent entre 20 et 50 DA. Cette nouvelle donne n’a pas affecté le chiffre d’affaires des gérants qui répliquent : « Le cyber est avant tout un espace culturel. Il résorbe le déficit en ouvrages qui ne sont ni disponibles ni à la portée de toutes les bourses. Il lutte à sa manière contre la délinquance juvénile. Ce lieu qui est un support didactique avéré pour les enfants scolarisés n’est en aucune manière responsable des échecs scolaires. Les parents concernés doivent avant de faire porter le chapeau à autrui, faire leur propre mea-culpa. » Pour de nombreux adeptes, le cyber est un lieu de rencontre. Le net est, quant à lui, un havre d’amour comme l’atteste l’incroyable histoire du Sétifien Karim et de sa femme Houda, d’origine irakienne : « C’était une rencontre des plus étranges », nous confie notre interlocuteur qui enchaîne : « J’étais en train de chater avec un groupe d’étudiants français, quand Houda s’est présentée comme étant une Irakienne poursuivant des études supérieures en France, on a vite sympathisé. Sa vision et sa philosophie de la vie m’ont épaté. Une année plus tard, on s’est retrouvé liés pour le meilleur... » Le romanesque continue avec l’édile de Ferras et Loubna. Digne des contes des Mille et Une Nuits, le beau Jordanien succombe au charme de sa bien-aimée qui raconte : « J ’ai connu Ferras sur un site. Le courant est tellement bien passé entre nous qu’un jour il a débarqué sans prévenir à Sétif pour me voir. De notre mariage est née une petite fée qui a cimenté notre union... » Par ailleurs, ces « commerces » sont confrontés au dilemme du contrôle, car les ordinateurs ne sont pas équipés de logiciels performants susceptibles d’empêcher l’accès à certains sites interdits même sous des cieux plus « cléments ». Pour combler ce déficit en logiciels « censeur », les gérants qui surveillent de très près le surf des internautes ont installé judicieusement les écrans facilement visités par tous les occupants de l’espace qui n’affiche à l’orée de la saison estivale plus complet. La fréquentation baisse quelque peu.

Melissa Ould Ali
El Watan


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