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Sitifis sous le boisseau

jeudi 28 avril 2005, écrit par : Boutebna N.

Le Mois du patrimoine est une opportunité pour le grand public de découvrir la richesse du legs et la profondeur historique des monuments et vestiges des différentes époques.
Pour les initiés, ce mois est l’occasion idoine pour établir un inventaire et un constat, le plus souvent amer. Dans une première en Algérie, le musée national de Sétif a convié, lundi dernier, la presse nationale à un débat concernant ce volet qui a été soit délaissé soit enterré sous des tonnes de béton. La wilaya de Sétif, possédant en matière de vestiges des civilisations anciennes d’inestimables trésors, ne déroge pas à la règle. Les ruines de l’antique Sitifis fondée à l’époque de l’ampleur Nerva à la fin du premier siècle (96-97 après J. -C.) ont fait des décennies durant l’objet d’un vandalisme étatique. Pour l’illustration, des monuments tels que les nécropoles, les temples, les quartiers civils et le cirque, ont été « balayés » par une urbanisation n’ayant, le moins qu’on puisse dire, ni foi ni loi. Pis encore, le quartier de la Citadelle, poumon de la cité romaine qui a été classé, le 19 février 1979, par le gouvernement algérien sur la liste du patrimoine national, a été « rasé » par les représentants de ce même gouvernement qui l’ont transformé en parc d’attractions, n’ayant de parc que le nom, et ce, en violation de la loi régissant le secteur archéologique (ordonnance n°67/281 du 20 décembre 1967). L’Unesco, qui souhaitait aménager le site où sont enfuis les restes des nombreuses civilisations (fatimide, vandale, romaine), et ce, en parc archéologique, n’a malheureusement pas obtenu l’aval des décideurs de l’époque qui ont, faut-il le rappeler, mis à sac le « bien » de tout un peuple. Le site de Aïn Hanech (à 7 km de la ville d’El Eulma), ayant vu apparaître les premiers contacts de l’homme avec la nature, n’est quant à lui pas mieux loti. Les journalistes, qui ont pour une fois l’opportunité de converser à propos d’un sujet n’ayant pas été négligé par la presse, profiteront sans nul doute de l’occasion pour établir un état des lieux et mettre le doigt sur le mal qui ronge notre patrimoine mis sous le boisseau.

Kamel Beniaiche (El Watan)


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