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Lutte contre la criminalité et la prostitution

Les gendarmes investissent les forêts de Sétif
lundi 4 juillet 2005, écrit par : Boutebna N.

Contrairement aux villes d’Oran, d’Annaba et de Maghnia, dans lesquelles nous sous sommes rendus avec les éléments de la Gendarmerie nationale et où nos enquêtes ont concerné des affaires de criminalité et de crime organisé, à Sétif cette fois, ce sont plutôt les phénomènes de la délinquance et de la prostitution dans les forêts qui ont attiré notre attention.

Les artistes de la forêt Djermane
Il est 16h30. Nous sommes à trois kilomètres d’El Eulma. Nous accompagnons les gendarmes dans l’une de leurs patrouilles dans cet espace de débauche à ciel ouvert. Hélas, une belle verdure qui devrait être exploitée en lieu de détente pour les Sétifiens, en cette période de chaleur, est totalement détournée par les alcooliques, les drogués et les prostituées. Nous assistons à l’arrestation de quatre « stars » qui, selon nos guides, ont visité la prison à plusieurs reprises pour des affaires de prostitution. Les pleurs et les cris stridents des cinq femmes dont l’une est âgée de 22 ans à peine, ont brisé le silence des lieux. « Nous n’avons rien fait. Nous venons de la fête, vous nous accusez à tort », crient-elles en essuyant leurs larmes avec leurs tenues. Quelles tenues ? Des gandouras d’intérieur sales, transparentes et déchirées laissant voir leurs sous-vêtements... « Je suis divorcée. J’ai quatre enfants. Pour les nourrir, je danse dans les fêtes. Je n’ai jamais été emprisonnée. D’ailleurs, ils ne nous ont pas arrêtées dans la forêt, mais à notre retour de chez un client qui prépare une fête de mariage. Vous pouvez demander au « fraudeur » (taxi clandestin) qui nous accompagnait », nous déclare Seghira, une Sétifienne, âgée de 34 ans. « J’ai 28 ans. Je suis chanteuse et je n’ai rien fait de mal », nous dit, quant à elle, Souhila. Saïda, la plus jeune de l’orchestre, n’arrive pas à retenir ses larmes et nous répond difficilement : « J’ai 22 ans. Je suis de Annaba. » Un confrère l’interroge sur sa présence à Sétif. « Djit houassa (je suis venue en vacances) », répond-elle. Les « artistes » ont nié toute relation avec un quelconque réseau de prostitution et n’ont pas cessé de pleurer et de crier de toutes leurs forces pour clamer leur innocence avant d’être embarquées dans le fourgon vert des gendarmes. Un responsable de la gendarmerie de la région nous déclare que ses éléments arrivent parfois à arrêter jusqu’à quinze prostituées par semaine dont des mineures utilisées par leurs propres parents dans certains cas. Notre interlocuteur nous informe que les éléments de la gendarmerie du lieudit Bir Bekkouche, à 5 kilomètres d’El Eulma, ont même découvert le corps sans âme d’une jeune fille l’année dernière. Après enquête, il s’est avéré que la victime a été assassinée par un amant en état d’ivresse suite à un conflit banal. Plus loin, nous surprenons, adossé à un arbre, un jeune homme en compagnie d’un vieillard. Le premier a un morceau de kif traité dans la poche. Le lieu est jonché de bouteilles de bière. D’ailleurs, il y en a partout. Des centaines de canettes et de bouteilles vides trahissent le modèle de personnes qui fréquentent cet espace et justifient la présence du fameux orchestre. Trois autres personnes sont arrêtées à bord de leur véhicule de marque Renault 11 pour vente illégale de boissons alcoolisées. Autrement dit, des bars ambulants. A la sortie de la forêt, nous apercevons un panneau sur lequel il est bien inscrit « Décharge interdite », mais qui respecterait une telle consigne en ce haut lieu de la débauche ? Juste à côté, d’énormes quantités d’ordures industrielles, en plus des bouteilles de bière, jonchent çà et là. Nous quittons Djermane sous le regard des nomades qui ont choisi, cette fois, les champs d’El Eulma pour installer leurs tentes.

Les délinquants abandonnent leurs amis et leurs habits à ONAMA
Il est presque 18 heures. Nous nous dirigeons vers la forêt ONAMA, à Aïn Arnat, un autre lieu réputé pour ses « mahchachate » et la prostitution qui y a lieu en plein air. Pressés de découvrir le lieu, nous quittons notre fourgon qui a mal supporté la route cahoteuse et nous continuons à pied. A la vue des véhicules de la gendarmerie, une dizaine de voitures démarrent en trombe, laissant derrière elles un nuage de poussière. Sur place, nous apercevons des vêtements accrochés à un arbre et un grand sachet de bières fraîches abandonnées. Nous avons tout de suite compris que les infortunés ont préféré quitter les lieux tous nus plutôt que de tomber dans les mains des hommes en vert. Abandonné par ses copains, un professeur de maths à l’université de Sétif se retrouve coincé et semble ne rien comprendre à la situation. Comme tous les autres, l’homme jure qu’il ne connaît pas les lieux et qu’il a été abandonné par son copain au moment où il est allé se soulager en plein air. « C’est la première fois que je viens ici. D’ailleurs, j’ai accompagné un ami. J’ai pris trois bières. Je suis parti au petit coin avant de revenir et ne trouver personne. Pourtant, tout à l’heure, il y avait plein de couples et de véhicules à l’arrêt », nous dit-il. A quelques mètres, les gendarmes interrogent un quinquagénaire, à bord d’une vieille voiture. Ce dernier déclarera exercer le métier de boucher. Selon lui, il était de passage et n’est nullement un habitué des lieux : « J’étais de passage et quand j’ai vu les voitures démarrer en catastrophe, je suis venu voir ce qui se passait et voilà ! » Des déclarations qui ne convainquent personne. Dans une des voitures restées sur place, on trouve de quoi casser une bonne croûte, c’est-à-dire des pains, des œufs en quantité, sans parler de la sardine qui n’était plus là. Le gourmand, boucher de son état, insiste sur le fait que ce repas frugal est le sien propre. Pourtant, il n’y a nul doute qu’il était destiné à des clients potentiels. Un autre mensonge flagrant. Un gendarme trouve des billets de deux cents dinars dans ses poches et tout s’explique. Le brigadier se tourne vers nous et confirme que cet homme est un habitué des lieux car connu pour travailler comme taxi clandestin à deux cents dinars la course. « Il ramène ses clientes pour cette somme et les récupère au moment de leur départ. Entre-temps, il vend des sandwiches et le tour est joué », nous dit-il. Pas très loin, nous découvrons cinq bouteilles de vin rouge abandonnées dans la carcasse d’un fourgon... Sinon, à Aïn El Fouara, il y a beaucoup d’ambiance règne. Des dizaines de familles investissent chaque fin d’après-midi la célèbre fontaine, le parc d’attractions sis à côté du centre culturel et les jardins publics où des morceaux de musique agréent les ouïes.
Alger-Sétif par train : plus de sécurité et moins de commodités
Pour la deuxième fois, nous prenons le train Alger-Annaba. Rassurant et inquiétant à la fois. Les préoccupations des passagers ont changé. Il n’y a pas un mois, les éléments de la DSI (Détachement spécial d’intervention) de la gendarmerie ont saisi une importante quantité de psychotropes et d’armes blanches en notre présence sur ce train de nuit et ont arrêté une dizaine de personnes dans le cadre de la sécurisation du transport par rail lequel reste très emprunté par les voyageurs de l’est du pays. Cette fois, nous n’assistons qu’à l’arrestation de deux jeunes personnes et à la saisie d’une arme blanche et d’un joint. Le train de nuit semble plus calme que l’autre fois et les passagers avouent une certaine amélioration sur le plan de la sécurité, et ce, depuis que les gendarmes ont commencé à marquer leur présence dans le train aux côtés des agents de la protection des biens de l’Etat. La machine transporte des familles et des enfants dans la quiétude, mais un grand malaise est perceptible chez les passagers : toilettes infectes, sans eau ni lumière, couchettes insalubres et en nombre insuffisant, la petite bouteille d’eau minérale - si tant est que c’en est vraiment - à 50 dinars auprès des marchands ambulants. Ce sont là quelques exemples concernant les conditions dans lesquelles voyage notre population de l’Est qui paie, en outre, le même tarif que sur les autres grands tronçons.

Le général Bousteila inaugure les portes ouvertes de la gendarmerie
Le commandant de la Gendarmerie nationale, le général-major Ahmed Bousteila, a inauguré jeudi dernier des portes ouvertes de deux jours organisées par le commandement de la gendarmerie de Constantine au centre culturel Houari-Boumediene à Sétif. Ce dernier a vu la présence de plusieurs cadres civils et militaires ainsi que les walis de Sétif, Batna, Bordj Bou Arréridj, le SG de l’ONM de Sétif, le chef de Sûreté de wilaya, le président de la cour et le procureur général. Sous le triptyque « Originalité-fidélité-sacrifice », le commandant régional de la gendarmerie de Constantine, le colonel Kadour-Djebbar Tayeb, a rappelé la noble mission des hommes en vert et leurs différentes attributions, notamment en matière d’ordre public, de sécurité routière et de lutte contre le crime sous toutes ses formes, ajoutant que leurs activités sont fondées sur des stratégies modernes et scientifiques. A cette occasion, trois chercheurs dont le Pr Benharkat ont été honorés pour leurs efforts et leur contribution à la résolution de plusieurs affaires criminelles. Une première affaire a été élucidée à l’aide de tests génétiques. Le colonel Douagui, chef de la division de la sécurité routière, a honoré à son tour les trois meilleurs conducteurs de la région, ces derniers n’ayant commis aucune infraction au code de la route. Par ailleurs, la gendarmerie a offert onze fauteuils roulants à des handicapés moteurs. La manifestation a eu grand écho auprès des visiteurs qui ont assisté en outre à des activités culturelles et artistiques avec entre autres la participation du chanteur chaâbi Abdelkader Chaou. D’autre part, des expositions et des statistiques relatives aux activités de l’institution ont attiré l’attention du public et ont été positivement accueillies par le public sétifien. Justement, pour les statistiques, elles indiquent qu’au cours du premier trimestre 2005, une hausse de l’ordre de 88% par rapport à la même période 2004 a été enregistrée en ce qui concerne le trafic de drogue. Ainsi, il a été recensé 107 affaires et la saisie de 107,29 kg de résine de cannabis, pas moins de 5 100 flacons et 8 113 comprimés de psychotropes. Pour ce qui est de la sécurité routière, le bilan est de 1 358 accidents ayant fait 145 morts et 2 359 blessés. Malheureusement, sur ce registre, la wilaya de Sétif compte une moyenne de deux morts et 26 blessés par jour.

De notre envoyée spéciale à Sétif Radia Zerrouki

La Nouvelle République


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4 commentaire(s) publié(s)
moi :
Je trouve ça abérrant qu’en 2005, des personnes soient obligés de se prostituer ou de faire des trafiques pour assurer leur vie. J’ai 17 ans et j’habite en france, cela etonne beaucoup de personne que je m’intéresse a ce sujet là puisque tout le monde pense que l’algérie est foutue, mais je pense personnellement que cela est une des graves conséquences des faits du gouvernement et les autres personnes bien placés hierarchiquement, à cause du detournement de capital et autre, c’est normal qu’aprés tout cela les citoyens algériens décident de compter que sur eux mêmes et sur ce dont ils sont capables. Ma reponse a cet article n’est du tout une critique attaquant le gouvernement algérien, c’est juste ma pensée, et cele de beaucoup de personnes je le pense

Réponse de HAMID :

Ca na rien avoir avec le gouvernement

Réponse de CHOUGGA :

c est ainsi que notre bled vit ...on aime la clandestinitee ...le tavail au noir...l harga...l insecurite ON A FERME LES MAISONS CLOSES le resultat proliferation des tarhats ni hygiene ni securite ce qui a engendre beaucoup de maladies et de criminalites . Des maisons de plaisirs dans des cites residentielles.ou se cotoient le bon et le mauvais...ETC...khali el bir beghtah... A T ON REGLE CES FLEAUX.PENSANT AUTREMENT ON A DES SOCIOLOGUES ..PENSER AUTREMENT A BON ENTENDEUR SALUT.CHOUGGA
Commentaire n°15798 :
il fo revenir à des maisons closes comme avant bien protégées , surveillées, avec suivi médical contre les MST, hygiene. et le pb est réglé

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