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8 mai 45 : la "marche de la fidélité" réunit plus de 20.000 personnes à Sétif

vendredi 8 mai 2009, écrit par : APS, mis en ligne par : Boutebna N.

lus de 20.000 personnes ont participé vendredi à Sétif au défilé du 8 mai 1945, une-marche de la fidélité" qui aura emprunté exactement le même itinéraire que la fameuse procession pacifique férocement réprimée par les forces coloniales, il y a 64 ans.

Le ministre des moudjahidine, Mohamed-Cherif Abbas, les autorités de la wilaya de Sétif, les secrétaires généraux des organisations nationales des Moudjahine, des enfants de Chouhadas et des enfants de Moudjahidine, précédés d’un carré de jeunes scouts, étaient en avant de cette impressionnante marche.

Brandissant des centaines de drapeaux algériens, des banderoles à la mémoire des dizaines de milliers d’Algériens tués le 8 mai 1945 ainsi que les portraits de certains martyrs, dont celui de Bouzid Saâl, premier à tomber sous les balles des policiers français, les Sétifiens et leurs nombreux invités, ont montré une ferveur à la mesure de l’atrocité de la tuerie collective perpétrée par les troupes coloniales.

De la mosquée-de la Gare (aujourd’hui Abi Dher El Ghaffari), d’où l’imposant défilé s’est ébranlé, jusqu’au centre de l’avenue du 8-Mai 1945, théâtre des premiers coups de feu de la police, en passant par la l’avenue du 1er-Novembre, le recueillement était visible sur tous les visages.

Ali Fateh Ayadi, cinéaste, visiblement très ému, avoue avoir la chair de poule à la vue de l’impressionnante fresque humaine formée par les marcheurs.

"Ce qui me touche le plus, c’est de voir les témoins des massacres, notamment ceux que je m’attache à interviewer depuis 1989, disparaître l’un après l’autre’’, confie le réalisateur à l’APS.

C’est dire, ajoute Ayadi,-toute l’importance qu’il y a à conserver jalousement leurs témoignages pour écrire l’Histoire de notre pays et ses souffrances pour interpeller la conscience des jeunes d’aujourd’hui".

Pour Kamel Bouchama, ancien ministre,-cette journée est exceptionnelle à plus d’un titre" et rappelle surtout que la France,-pays des droits de l’Homme", a perpétré un génocide il y 64 ans. Elle rappelle aussi-la nécessité d’enseigner ce pan de notre histoire à nos enfants qui doivent savoir que l’Algérie n’est pas un pays issu du néant, mais une nation qui a ses racines et qui s’est forgée au prix de sacrifices incommensurables", poursuit l’ancien responsable.

L’autre moment fort de la commémoration de cette journée historique, sera la superbe production de la chorale formée d’écoliers vêtus de costumes traditionnels symbolisant toutes les régions du pays.

Impeccablement alignés sur plusieurs rangs, place de l’Indépendance, à gauche de la fontaine mythique de Aïn Fouara et à l’ombre du minaret de la mosquée El Atiq, un millier d’élèves a interprété des chants patriotiques, dont-Aoufia" du regretté Abdelwahab Sellami et le célèbre-Hayyou chamal Ifriqia", dans un silence impressionnant malgré la foule.

La délégation officielle qui avait auparavant inauguré, non loin de là, face au musée du Moudjahid, une belle fresque érigée pour le souvenir de cette journée historique, s’est ensuite rendue dans la localité de Ksar El Abtal (30 km au sud de Sétif) où devait être inauguré un musée construit au niveau du site de l’ex-camp de-transit" où activaient des tortionnaires de l’armée coloniale française.

La veille, le ministre des Moudjahidine, accompagné des autorités locales et des invités, avait présidé à El Eulma (27 km à l’Est du chef-lieu de wilaya) une cérémonie de remise de prix aux vainqueurs d’un tournoi international de boxe avant de remettre leurs récompenses aux lauréats d’une compétition amicale de volley-ball, au complexe du 8 mai 1945.

Dans la soirée, M. Mohamed-Cherif avait assisté à la projection de-Si Sétif m’était conté’’ de Ali Fateh Ayadi, un flash back de 60 minutes sur les massacres de mai 1945 et leur lien direct avec le déclenchement de la Révolution, le 1er novembre 1954.


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9 commentaire(s) publié(s)
ould amar :
Allah yarham echouhadas, il fo pas que ca reste uniquement pour la forme cette journée, mais l’enseigné , l’ecrire, la gravé dans les esprits des gens. L’histoire du peuple qui a sacrifié pour vivre. Moi ca me fé de la peine qu’on je vois des vieux et des vieilles qui non pas encore gouté de cet indépendance et qui sacrifient encore. ca me donne envie de pleurer.
Nationaliste :
c’est les hommes qui font l’histoire. Allah Yrham ces chouhada, au moins eux ont laissé derriére eux une histoire qu’on ne peut s’en passer ou vivre sans ces evenements qui nous montre qu’effectivement dans ce pays il y a des hommes de prinicipe qui n’aiment vivre qu’avec l’honneur tout ce qui n’est pas morale n’a pas de valeur
lotfi 19 :
hommage a nos martyrs vive l’algerie et vive las algeriens
je rêve :
La parade n’est que parade.Sinon comment expliquer que pour le recueillement au niveau du cimetière Sidi Saïd,seuls sont concernés les autorités et leurs nombreux invités.L’espace vert attenant au cimetière,les tombes communes des martyrs du 8 mai 45 ont été nettoyés seulement la veille par une armada d’agents de l’APC.On a même transplanté des bosquets hauts de 1 m et quelques soucis fleuris,le temps de les montrer aux officiels ! La gerbe de fleurs disparait juste après le départ de ces mêmes officiels .Le problème est que la population n’a pas encore appris à rendre hommage à ses chouhadas et à se recueillir spontanément à leur mémoire autour du 8 mai 1945.En dehors du bref passage de ceux cités plus haut,on ne verra plus personne .Rendez vous est pris pour l’année prochaine.Allah yarhem echouhadas (...)
Commentaire n°30762 :
Bonjour, est-il possible d’avoir plus de détails sur le Musée inauguré à Ksar El-Abtal ? Est-il dédié au 8 mai 45 ? Pourquoi un musée si loin du lieu de la tragédie ? Merci

Réponse de merci :

ksar el abtal anciennement appele gasr etair a ete un camp de concentration pendant la revolution de 1954. mon feu pere y a fait deux longs sejours mais au moment des inaugurations, ce ne sont les gens qui y ont sejournes ou leurs descendants qui sont invites. c’est l’ecriture de l’histoire a l’envers.

Réponse :

Eest-ce que ce tristement célébre camp de concentration est reconnu par les ONG internationales. Dans ce cas, elles devraient venir nous dresser la liste des gens qui y ont séjourné et dont plusieurs centaines sont morts. Car s’il faut attendre nos historiens allah yatina sabr.
Sano de Madrid :
Je remercie vivement toute l’equipe de setifino qui nous tient au courant de ce qui se passe dans notre chere ville et aussi je profite de l’occasion du 8 mai 1945 pour m’adresser à mr Ali Fateh Ayadi (que je salue au passage pour le travail de memoire qu’il realise) pour le prier d’aller faire un tour du coté de Bab Biskra ( a hauteur de l’ancienne pharmacie Ferhat Abbas, sous les arcades) lui qui disaitCe qui me touche le plus, c’est de voir les témoins des massacres, notamment ceux que je m’attache à interviewer depuis 1989, disparaître l’un après l’autre’’ Il y a un certain Tahar Fali, qui avait perdu sa jambe lors de ces evenements ( en sortant de Haret Michel), alors qu’il avait à peine 7 ans. Depuis 1962, il vendait des cigarettes à Bab Biscra dans une boite de bois (30x15cm), il est déja vieux, il commence à perdre la mémoire...........son histoire et sa vie toute simple qu’elle est peut vous inspirer Monsieur Ayadi.Je ne pense pas qu’il y a un seul sétifien qui ne l’a pas vu un jour.......Je (...)
sana :
allah yarham koul shahid mort pour son paye

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