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Fermeture de l’unité Sarmouk à Sétif : la guerre des limonaderies déclarée ?

mardi 2 août 2005, écrit par : Boutebna N.

L’événement majeur qui a marqué ces derniers jours Sétif et qui ne cesse d’alimenter les discussions quotidiennes des citoyens en cette période estivale n’est autre que la fermeture de la plus importante unité de limonade de la région, celle de Sarmouk Frères.

La décision qui sanctionne la « Limonaderie orientale », apprend-on, émane des services régionaux du contrôle d’hygiène et de conformité qui auraient relevé des anomalies au niveau des produits de base entrant dans la production des boissons gazeuses. Selon certaines sources, des produits à effets cancérigènes auraient été décelés.

La sentence est tombée tel un couperet sur l’une des plus anciennes limonaderies de Sétif -créée dans les années 1960 avec celle de Mami en 1948- reconnues comme des boissons populaires pour leur rapport qualité-prix fortement apprécié par une large tranche de la population. Ne dit-on pas à Sétif qu’une bouteille de soda associée à une tranche de pain pouvait constituer le repas des manoeuvres et maçons de la région ?

Reste qu’avec l’adhésion aux nouvelles technologies industrielles, les héritiers Sarmouk ont procédé depuis environ quatre années à révolutionner le marché de la limonade par la diversité de la gamme, celle de la mise en bouteille mais tout en veillant à une politique d’adaptation du prix au pouvoir d’achat du citoyen moyen. Aussi, par souci de concurrence, instaurée sur le marché ces dernières années par les multinationales étrangères, on innove en produisant la limonade destinée à la population des diabétiques à un prix qui ne dépasse pas le seuil des 15 dinars pour la bouteille de 25 cl. La concentration du marché longtemps limitée à la seule région de Sétif tend à présent à investir tout le territoire national surtout après avoir réussi à inonder la côte est et la mise en place d’un circuit de distribution au Centre destiné au littoral algérois en cette saison estivale.

Selon les informations recueillies auprès des citoyens, la sanction vise en premier lieu à fléchir l’élan du producteur local qui livre une véritable concurrence aux firmes étrangères, notamment Pepsi-Cola et Royal établis à Sétif. Certains d’entre eux aussi considèrent la mesure comme un signe de concurrence déloyale, arguant l’engouement du consommateur pour le produit de « Limonaderie orientale ».

Cette dernière, soumise depuis plus d’une semaine à la décision de suspension de la production, a vite déserté les étalages de la ville. Aussi, il convient de relever un fait anodin, selon les témoignages des commerçants : la sanction n’a généré aucune mesure coercitive d’accompagnement visant à l’enlèvement du produit du circuit de distribution, entre autres.

Cependant, au niveau de la direction de l’unité de production, aucune information n’a filtré. En l’absence des deux patrons, demeurés injoignables, les seuls responsables administratifs qu’on a pu approcher ont préféré s’abstenir de toute déclaration officielle. Sinon un sentiment d’injustice se déchiffrait à travers les quelques expressions qu’on a pu recueillir, résumant un état d’arbitraire imposé à leur entreprise.

S’agit-il d’une guerre qui ne dit pas son nom déclarée dans le secteur de la limonaderie hautement convoité par les multinationales étrangères ? Car leur fléchissement face au retour en force de la production locale risque fort de constituer un élément majeur qui compose l’argumentaire des plus pessimistes, ceux soucieux de la préservation des postes d’emploi, entre autres. Les 300 ouvriers de la « Limonaderie orientale » en seront concernés en cas de force majeure.

La Tribune


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